D’importantes pertes d’emplois dues à Optilab: le cas de Laurentides-Lanaudière

MONTRÉAL – Une étude sur les répercussions du projet Optilab conclut que pour les seules régions de Laurentides et de Lanaudière, les fusions de laboratoires médicaux résulteraient en des pertes d’emplois directs touchant une centaine de travailleurs dans chacune de ces deux régions.

Plus précisément, entre 113 et 127 personnes seraient touchées dans les deux laboratoires de Lanaudière et entre 133 et 176 dans les six laboratoires des Laurentides.

La recherche a été menée par l’économiste Érik Bouchard-Boulianne, qui travaille à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente notamment des syndiqués dans le secteur de la santé.

L’économiste a aussi calculé qu’Optilab causerait des pertes nettes de revenus de 13,4 à 16,5 millions $ pour les régions de Laurentides et Lanaudière.

«Ces gens-là qui habitent en région consomment une grande partie de leurs revenus en région. Ça implique aussi des emplois qu’on appelle induits, des emplois qui proviennent des dépenses des emplois directs. C’est le petit café du coin; c’est la quincaillerie où les gens allaient s’approvisionner en matériaux. C’est donc tout un écosystème économique qui est affecté», a expliqué M. Bouchard-Boulianne, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Bien que l’étude ne porte que sur les régions de Laurentides et de Lanaudière, il n’y a pas de raison de penser que ces constatations ne pourraient être appliquées à une autre région de même taille, indique l’économiste.

«Le cas qu’on a étudié, c’est celui de Laurentides et Lanaudière, mais le projet Optilab s’applique à la grandeur du Québec et il est basé sur le même principe de centralisation des activités de laboratoires. La logique et les résultats — évidemment, les chiffres changeraient — s’appliquent pour la région de la Côte-Nord, de la Gaspésie, du Bas Saint-Laurent, de la Beauce, de l’Estrie», a illustré M. Bouchard-Boulianne.

Le projet Optilab vise à centraliser les activités de laboratoires médicaux au sein de grands laboratoires serveurs, sauf pour des cas urgents. Le ministère de la Santé et des Services sociaux espère ainsi économiser des fonds qu’il réinjectera dans d’autres priorités.

Dans les régions de Laurentides et Lanaudière, les activités des huit laboratoires du territoire seraient transférées à l’hôpital Cité de la santé, à Laval.

«Les impacts économiques auraient été plus importants, n’eut été le fait que les deux régions touchées sont relativement proches géographiquement du lieu où les activités de laboratoire seront transférées. Dans plusieurs autres régions touchées par le projet Optilab, les employés de laboratoire devront inévitablement quitter la région vers le nouveau lieu de travail, entraînant des pertes nettes pour les économies régionales. Ce serait clairement le cas pour l’Abitibi-Témiscamingue, la Gaspésie, la Côte-Nord et pour plusieurs secteurs en région comme à Lac-Mégantic, à Roberval ou à Dolbeau, par exemple», a souligné M. Bouchard-Boulianne.

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Je suis entièrement d’accord avec ces conclusions. Ayant œuvrer en santé pendant 37 ans, je suis très inquiète de ces changements.
L’impact socio économique est très grand en région notamment en Outaouais où les emploies se font très rare comme à Maniwaki où les hauts salariés ont été transférés à Gatineau.
Ce qui m’inquiète le plus c’est la qualité du service de laboratoire quand on sait qu’un délais très court et précis de prise en charge des spécimens doit être respecté afin d’ obtenir des résultats jugés adéquats . Comment peut-on respecter ce délais si les spécimens se promènent de St-Sauveur à Laval?On risque d’avoir plein de faux résultats ce qui me fait dire que la santé des gens en régionsn’est pas importante
Je crois que le gouvernement et le ministre de la santé font tout pour qu’on se tourne vers le privé