Distanciation et port du masque: tournée policière autour des écoles

BROSSARD, Qc — Plusieurs corps policiers ont intensifié jeudi leur présence autour des écoles afin de sensibiliser les élèves au respect des normes sanitaires en vigueur dans les zones rouges.

Il y a un «problème de compréhension» de la règle voulant que les élèves du secondaire doivent porter le couvre-visage en tout temps à l’école, tant en classe qu’à l’extérieur sur le terrain de l’établissement, a constaté le sergent Patrick Barrière du Service de police de l’agglomération de Longueuil.

Le sergent Barrière a raconté que de nombreux jeunes se disent: «On est dans la même classe, donc on est dans une bulle-classe, donc on n’a pas besoin de porter le masque, on n’a pas besoin de garder le deux mètres parce que c’est mon ami, il est dans ma classe».

C’est aussi l’impression qu’a Ezekiel, un élève de secondaire 1 à l’école Antoine-Brossard, à Brossard, rencontré sur l’heure du lunch.

Comme des dizaines d’autres élèves de cette école de la Rive-Sud, dès que la cloche a sonné à midi tapant, il a traversé la rue pour retrouver ses amis dans le stationnement d’une pizzeria populaire.

Bien que la plupart des élèves attroupés portaient un masque, la distanciation physique était inexistante.

La présence des policiers et le passage d’une autopatrouille ont eu un certain effet. «On s’est dit que ça se peut qu’ils nous donnent une amende», a raconté Youssef, un autre élève.

L’adolescent peinait à manger sa pointe de pizza tout en portant son masque. «Je vais faire un trou bientôt», a-t-il lancé.

Les élèves doivent garder leur masque pendant huit heures, sauf lorsqu’ils mangent, ce qui représente un «gros sacrifice», a reconnu Éric Chevalier, le directeur de l’école.

Les règles sont difficiles à faire respecter hors des murs de l’école, malgré la présence de surveillants.

«C’est un immense terrain ici, a dit M. Chevalier. Je ne peux pas avoir 65 personnes dehors pour vérifier. […] Ça reste des adolescents, a dit M. Chevalier. Ce n’est pas facile. C’est un moment de la vie où on aime socialiser et voir ses amis.»

Il estime que la présence des policiers aidera à faire passer le message «surtout que deux écoles ont été fermées dans les deux dernières semaines dans notre centre de service».

Son propre établissement a dénombré huit cas de la COVID-19, dont six depuis vendredi, ce qui a forcé la fermeture de trois classes cette semaine.

Certains élèves ont affirmé que l’actualité des derniers jours et les nouvelles règles les ont poussés à changer leur comportement.

«Avant je ne prêtais pas attention au monde, à la santé, a raconté Nehema, une élève en secondaire 4. Maintenant, vu que les cas de COVID augmentent surtout dans les écoles, je dirais que ma vision a changé.»

Elle a dit résister à la tentation d’enlever son masque «parce qu’il y a des gens dont les grands-parents leur manquent».

Mais au-delà des belles paroles, lors d’une récréation en milieu d’après-midi, alors que les policiers et les caméras n’étaient plus sur place, environ un élève sur deux portait son masque.

Depuis la rentrée scolaire, aucun constat d’infraction n’a été remis à des élèves par les policiers de Longueuil.

«On mise sur la prévention, la sensibilisation et la collaboration des élèves», a dit le sergent Barrière qui assure que ce ne serait qu’en «dernier, dernier, recours» que les policiers donneraient une amende si un élève refuse de se conformer, malgré des discussions avec ses parents et les intervenants de l’école.

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