Divers facteurs expliquent la rapidité de la propagation de la COVID-19 à Terre-Neuve

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Selon un épidémiologiste clinique de l’Université Memorial de St. John’s, trois facteurs peuvent expliquer la raison pour laquelle la COVID-19 s’est rapidement propagée dans la région de la capitale de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le Dr Patrick Parfrey a indiqué le variant B.1.1.7 identifié pour la première fois au Royaume-Uni est plus facilement transmissible que la COVID-19 d’origine. Il a aussi souligné que l’éclosion avait initialement éclaté parmi un groupe de jeunes asymptomatiques qui ne savaient pas qu’ils étaient infectés.

De plus, ces jeunes fréquentaient des endroits où il était difficile de respecter la distanciation physique.

Le Dr Parfrey signale qu’il aurait été difficile de prédire la propagation de la COVID-19, même si la campagne de tests avait été intensifiée. «Nous n’aurions probablement pas identifié les écoles comme étant la zone à risque, car la transmission était considérée comme relativement faible chez les jeunes», a-t-il soumis. 

L’éclosion à Terre-Neuve a démontré la rapidité avec laquelle une situation peut dérailler, souligne le Dr Parfrey. «[Cela montre] à quel point nous avons eu de la chance.»

Des éclosions antérieures avaient été identifiées à Deer Lake, dans l’ouest de l’île, ou à Harbour Breton, au sud. Toutefois, c’étaient des cas infectés par la souche initiale de COVID-19. C’étaient aussi des personnes plus âgées présentant des symptômes plus visibles. Les tests dans ces villes ont été réalisés plus rapidement, ce qui a permis de contenir ces éclosions, dit le Dr Parfrey.

Les autorités ignorent comment le variant britannique est entré dans la province. Le gouvernement oblige les voyageurs à obtenir une autorisation pour venir à Terre-Neuve et à observer une quarantaine de 14 jours à leur arrivée, toutefois, un cas isolé peut se faufiler malgré les mesures et déclencher une propagation, estime le médecin.

La médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Janice Fitzgerald, a indiqué que 565 personnes ont été infectées par la COVID-19, un nombre beaucoup plus élevé que lors des 11 mois précédents.

Selon la santé publique, 185 cas ont été identifiés dans 22 écoles différentes.

La Dre Fitzgerald a déclaré la semaine dernière que l’expérience que le variant a fait subir à la province «doit changer la réflexion sur cette maladie».

Alika White, une finissante du secondaire, a été avisée par les autorités publiques qu’elle avait été en contact avec un cas de COVID-19. Elle a annulé ses activités, s’est isolée dans sa chambre, persuadée qu’elle était infectée à son tour.

L’élève croit que la pandémie aura sans doute un impact durable sur elle et ses pairs. Son école demeure fermée et personne ne sait quand elle rouvrira.

«Tout ce qui se passe aussi vite nuit à ma santé mentale», dit Mme White. Elle déplore que des gens aient cherché à blâmer les adolescents sur les réseaux sociaux.

«C’est vraiment difficile pour les gens de notre âge. C’est notre dernière année au secondaire et nous [ne pourrons peut-être pas] vivre en toute connaissance de cause la dernière fois où nous mettrons les pieds dans cette école.»

Laisser un commentaire