Dix tentatives de suicide chez des jeunes d’une communauté innue du Labrador

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Le chef d’une communauté innue du centre du Labrador qui est confrontée à une vague de tentatives de suicide chez les jeunes affirme que les ressources commencent à se mettre en place pour trouver des solutions à long terme.

Le chef Eugene Hart, de la première nation de Sheshatshiu, a indiqué que les efforts d’autres communautés autochtones et des organismes gouvernementaux permettent maintenant d’offrir des services d’aide 24 heures sur 24, qui faisaient jusque-là cruellement défaut dans le village de 1300 habitants.

Le chef Hart avait lancé plus tôt cette semaine un appel d’urgence après 10 tentatives de suicide chez de jeunes gens à la suite du décès d’une femme de 20 ans, le week-end dernier, dans cette communauté située à une quarantaine de kilomètres au nord-est de Happy Valley-Goose Bay.

La police a confirmé que le corps d’une femme de 20 ans avait été retrouvé samedi dans le lac Melville voisin, où elle s’était noyée.

M. Hart a aussi indiqué que la communauté avait été confrontée à plus d’une douzaine de morts naturelles au cours des derniers mois et que les jeunes de Sheshatshiu en avaient été particulièrement affectés. Le personnel de soutien local, débordé, avait alors besoin de ressources supplémentaires pour empêcher la crise de s’aggraver, a dit le chef innu.

M. Hart n’a pas de solution magique et unique pour s’attaquer aux causes profondes des suicides, mais la communauté, a-t-il dit, cherche des solutions pour garder les jeunes occupés et connectés à leur culture.

Des taux de suicide élevés chez les peuples autochtones du Labrador ont été documentés dans un article publié en 2016 dans l’«American Journal of Public Health». L’étude révélait que les taux de suicide chez les Innus du Labrador étaient 14 fois plus élevés que chez les allochtones à Terre-Neuve, d’après les données de Statistique Canada compilées sur 17 ans jusqu’en 2009.