Dominic Champagne mesure «la suffisance, l’arrogance du gouvernement»

QUÉBEC — Le metteur en scène et militant écologiste Dominic Champagne dit maintenant mesurer «toute la suffisance, l’arrogance, l’ignorance» du gouvernement Legault.

Après deux ans à la tête du Pacte pour la transition écologique, l’homme de théâtre fait le bilan de ce mouvement arrivé à son terme qui visait à mobiliser l’opinion publique et forcer les gouvernements à lutter plus vigoureusement contre les changements climatiques.

En entrevue avec La Presse Canadienne, M. Champagne conclut que le gouvernement n’a «ni l’envergure, ni le courage, ni la vision» pour s’attaquer à la crise climatique et atteindre les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES) du Québec. Ni le Québec ni le Canada ne sont en position pour atteindre les résultats fixés conformément aux accords de Paris, déplore-t-il.

Depuis le début du Pacte, M. Champagne a eu des contacts et des échanges avec le premier ministre François Legault et il a donné une chance au coureur. Il a parlé jeudi à un conseiller du cabinet du premier ministre.

«Je peux mesurer toute la suffisance, toute l’arrogance, toute l’ignorance même du gouvernement. Il essaie de me consoler en me disant: « on fait de notre mieux, mieux que les libéraux et les péquistes ». Mais présentement, on est dans une situation où la dégradation va plus que les progrès qu’on fait.»

Le porte-parole du Pacte a rappelé qu’on attend toujours le Plan vert du gouvernement, qui établira les gestes que posera le gouvernement pour réduire les GES.

Le Pacte s’était donné deux ans pour faire adhérer la population et au terme de cet engagement, M. Champagne estime que c’est «mission accomplie». 

Chiffres à l’appui, il cite le plus récent sondage Léger publié jeudi. Ainsi, pas moins de 85 pour cent des répondants estiment que la crise climatique est aussi importante, sinon plus qu’il y a deux ans.

De même, quatre répondants sur cinq (81 %) estiment qu’il est important que la lutte aux changements climatiques fasse partie des priorités des gouvernements dans les plans de relance post-pandémie.

«On a contribué à ce que ça s’impose à l’ordre du jour», a-t-il résumé. Il garde espoir, mais estime que des lobbys pro-pétrole poursuivent leurs efforts de «sabotage». Il craint que les gouvernements ne réagissent que lorsqu’il sera trop tard, comme au cours de la crise sanitaire du printemps dernier.

«Il y a des progrès, mais tout reste à faire», a conclu M. Champagne.

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