Don d’un C Series: Québec prêt à assumer la facture pour un hangar à l’ÉNA

LONGUEUIL, Qc — Conscient du besoin de l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) pour un nouveau hangar afin d’y loger le C Series offert par Bombardier, le gouvernement Couillard se dit prêt à assumer une facture d’environ 10 millions $ pour que ce projet se réalise.

Sans y aller d’une annonce en bonne et due forme, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a néanmoins souhaité, jeudi, que les choses se «passent assez rapidement» dans ce dossier.

«Je suis très ouverte et je pense que tout gouvernement devrait l’être, a-t-elle dit en conférence de presse. On ne peut pas avoir un don comme cela, une école comme celle-ci et ne pas être capable de loger l’avion.»

En mêlée de presse, Mme David a indiqué que le montant de 10 millions $ constituait un «estimé assez préliminaire», ajoutant que c’est généralement le gouvernement québécois qui défrayait les coûts pour ce genre de projet.

Consciente qu’il sera difficile de construire un hangar avant l’arrivée du C Series prévue en septembre, la ministre souhaite néanmoins être capable de procéder à une annonce lorsque l’appareil se posera à Longueuil.

«Je vais piloter (le dossier) et je vais essayer de m’organiser pour que les choses se passent assez rapidement», a dit Mme David en réponse à une question.

Plus tôt, devant des dizaines d’étudiants de l’ÉNA, le vice-président du programme de la C Series, Rob Dewar, ainsi que le directeur de l’ÉNA, Sylvain Lambert, ont signé l’entente officialisant le don.

L’avion cédé est l’appareil d’essai FTV-3 — un CS100 — qui a été construit en 2014 et mis à contribution pour une multitude d’essais entourant le bruit ainsi que pour les systèmes électriques et avioniques dans le cadre du processus de certification de la C Series.

On ignore si les deux moteurs construits par Pratt & Whitney seront aussi offerts puisque l’entreprise en a encore besoin. Un moteur de la C Series se trouve déjà entre les murs de l’ÉNA.

Le don pose toutefois un problème de taille pour l’établissement d’enseignement affilié au collège Édouard-Montpetit puisque l’appareil est trop gros pour ses cinq hangars dans lesquels se trouvent 37 avions — comme des CRJ, Challenger et Learjet — et hélicoptères.

«L’idée est d’avoir un nouveau hangar signature, qui serait vitré, a expliqué M. Lambert au cours d’un entretien avec La Presse canadienne. Nous voulons quelque chose qui est visuellement attrayant pour les visiteurs et qui est à la fine pointe de la technologie.»

Selon M. Lambert, il n’y a pas de problème à le laisser à l’extérieur pendant l’hiver. Cette situation limitera toutefois les possibilités pour les étudiants de l’ÉNA de se familiariser avec certaines composantes, comme la cabine de pilotage.

Néanmoins, tous les intervenants ont vanté l’arrivée de cet outil pédagogique. L’ÉNA est le seul établissement à pouvoir former ses étudiants avec un C Series.

«L’arrivée de cet appareil à la fine pointe de la technologie va nous permettre de les enseigner, a analysé le directeur de l’ÉNA. Nous sommes déjà bien équipés avec notre flotte, mais avec la C Series, on entre dans la prochaine génération d’avions.»

Pour sa part, M. Dewar n’a pas voulu s’attarder sur l’aspect financer du don pour Bombardier, expliquant que l’avionneur voulait «redonner à l’industrie».

Interrogé, le vice-président de la C Series a expliqué que l’appareil offert à l’ÉNA avait été considérablement modifié pour les essais en vol, ce qui avait incité l’entreprise à s’en départir.

«Il n’y a pas d’intérieur, a dit M. Dewar. Pour le marché, cela n’est pas très intéressant, mais cela a beaucoup de valeur éducative pour l’ÉNA.»

Bombardier a encore sept appareils d’essais — quatre CS100 et trois CS300. Certains sont utilisés pour des tests, mais «toutes les options seront évaluées» par Bombardier lorsque leur travail sera terminé, a indiqué M. Dewar.

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