Donald Trump et Joe Biden, le deuxième et dernier duel

WASHINGTON — Les téléspectateurs regarderont peut-être leur téléviseur entre leurs doigts, jeudi. Ce ne sera pas parce qu’ils visionnent le dernier film d’horreur de l’Halloween, mais bien parce qu’ils regardent le deuxième et dernier débat présidentiel aux États-Unis.

Ce sera la suite du premier duel entre Donald Trump et Joe Biden, marqué par des échanges acrimonieux.

Même les amateurs de politique américaine se montrent nerveux.

«J’ai regardé la dernière fois, et je serai honnête avec vous, je n’ai pas réussi à finir le débat», a affirmé Will Stewart, vice-président principal de la firme Hill + Knowlton Strategies à Toronto, un fanatique de politique qui a travaillé chez les conservateurs en Ontario.

«Normalement, c’est comme le weekend du Super Bowl pour des gens comme moi, de regarder le débat présidentiel américain. Et je ne pouvais même pas le regarder.»

Jeudi, les téléspectateurs ne seront pas les seuls à pouvoir appuyer sur le bouton «sourdine».

Pour que les deux candidats aient au moins le temps de s’exprimer sans interruption, la Commission des débats présidentiels éteindra le microphone du candidat adverse pendant deux minutes au début de chaque segment de 15 minutes.

Le débat, qui aura lieu à l’Université de Belmont, dans le Tennessee, sera animé par la correspondante de NBC News, Kristen Welker. Parmi les sujets abordés, il y aura les familles américaines, les relations raciales, le changement climatique, la sécurité nationale et le leadership.

Que fera Trump?

Les projecteurs seront toutefois sur le président.

Au débat du mois dernier en Ohio, Donald Trump a interrompu, contrarié et irrité son rival démocrate dès le départ. «Vas-tu te la fermer?», a lancé Joe Biden à son adversaire.

Et ce n’était que les 15 premières minutes.

Cette fois, M. Biden ferait bien d’ignorer les attaques persistantes du président, ou il devrait du moins trouver un moyen de les court-circuiter, selon M. Stewart, qui s’y connaît bien dans préparation pour les débats.

«Il doit trouver un moyen d’ignorer Donald Trump, de le mettre de côté», a-t-il soutenu. Utiliser les méthodes du président serait malavisé, selon lui.

«(Biden) est le favori, il est en train de gagner. Il doit assurer aux gens qu’il est présidentiel à ce stade.»

Baisser les attentes

Les experts disent que M. Trump s’est peut-être créé une ouverture plaçant les attentes si bas, qu’il sera plus facile de les dépasser.

De faibles attentes peuvent être un énorme avantage, a indiqué Dwight Duncan, ancien ministre libéral de l’Ontario qui a aidé Dalton McGuinty et Justin Trudeau à se préparer pour les débats les plus importants de leur carrière.

Il a rappelé qu’au début de la campagne de 2015 — qui a mené à la victoire de Justin Trudeau — le porte-parole conservateur Kory Teneycke avait suggéré que tout ce que chef libéral devait faire pour dépasser les attentes, c’était de se présenter avec un pantalon.

Le lendemain, lors d’une répétition générale avec des caméras, des microphones et divers employés libéraux qui remplaçaient les autres chefs de parti, M. Trudeau avait décidé d’alléger l’ambiance.

«Nous nous préparions tous, et le premier ministre est sorti sans pantalon, en caleçons», s’est souvenu M. Duncan en riant.

La dernière chance de Trump

Bien sûr, ce n’est pas parce que Donald Trump est capable de dépasser les attentes qu’il le fera.

«C’est sa dernière chance, à mon avis, de rester compétitif, et il doit donc faire beaucoup mieux», a-t-il soutenu.

Gerald Butts, l’ancien secrétaire principal de M. Trudeau et un autre habitué de la préparation aux débats et de la stratégie électorale, a convenu que le président avait l’occasion jeudi de surprendre les gens. S’il le fera, c’est une autre affaire.

«Je m’attends à voir Trump très agressif, se battre comme quelqu’un qui est en retard dans les sondages et qui sait qu’il doit rattraper son retard», a-t-il avancé.

«Je m’attends à voir Biden essayer d’être cohérent avec la personne qu’il a été tout au long de la campagne. Si l’on en croit les sondages, il est bien placé pour les deux dernières semaines de la campagne, et je pense que son défi est de continuer à projeter de l’empathie et de la confiance.»

Les paris sont ouverts

Il est également prudent de supposer qu’il y aura plus de spectacle que de substance, jeudi soir. Les parieurs en profitent.

Le site Betonline.ag présente des paris sur tout, notamment sur le port du masque des candidats ou sur les slogans familiers qu’ils prononceront en premier.

Ceux qui ont bien ri en voyant une mouche se poser sur les cheveux du vice-président Mike Pence lors du débat vice-présidentiel seront heureux de savoir qu’ils pourront parier pour déterminer quel candidat recevra la visite d’un insecte en premier. Donald Trump est le favori.

Laisser un commentaire