Donald Trump menace de déployer l’armée pour arrêter les manifestations

WASHINGTON — Le président Donald Trump s’est autoproclamé «président de la loi et de l’ordre» lundi soir et a menacé de faire appel à l’armée pour arrêter les manifestations à travers les États-Unis.

Le président américain a prononcé une allocution lundi soir dans la Roseraie de la Maison-Blanche après avoir tourné en dérision de nombreux gouverneurs en les traitant de «faibles» et exigé des mesures de répression plus sévères contre les incendies et les vols qui se produisent depuis le début des manifestations dans la foulée de la mort de George Floyd à Minneapolis.

Alors qu’il s’adressait à la nation dans l’idyllique jardin de la Maison-Blanche, une série de véhicules militaires ont roulé sur l’avenue Pennsylvania, où la police militaire et les forces de l’ordre ont affronté des manifestants dans le parc Lafayette en tirant notamment des gaz lacrymogènes pour les disperser.

Les manifestants pacifiques ont été évacués afin que Donald Trump puisse traverser le parc jusqu’à l’église épiscopale Saint-Jean, connue sous le nom de «l’église des présidents», qui a été endommagée par le feu lors d’une manifestation cette semaine.

Devant l’église, Donald Trump s’est fait photographier avec une bible à la main.

«Une émission de télé-réalité»

Le moment a été rapidement décrié par les critiques de Donald Trump, le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a déclaré que le président «avait utilisé l’armée pour pousser une manifestation pacifique afin qu’il puisse avoir une séance de photos devant une église».

«Ce n’est qu’une émission de télé-réalité pour ce président», a-t-il déclaré sur Twitter. «Honteux.»

Lors de son discours lundi soir, le président Trump a déclaré qu’il «prenait des mesures immédiates» et «mobilisait toutes les ressources fédérales disponibles» pour arrêter les émeutes et les pillages à travers le pays, menaçant de déployer «des milliers et des milliers de soldats» si les États n’envoyaient pas la Garde nationale pour mettre fin aux manifestations.

De fortes explosions de gaz lacrymogènes pouvaient être entendues lors de son discours, alors que les autorités déplaçaient ce qui semblait être des manifestations pacifiques dans le parc.

Le gouverneur de Washington, Jay Inslee, un démocrate, a fortement critiqué les commentaires du président Trump les qualifiant de«diatribes d’un homme peu sûr de lui essayant de paraître fort après avoir construit toute sa carrière politique sur le racisme».

L’ancien vice-président Joe Biden, le candidat démocrate à la présidentielle, s’est engagé à lutter contre le racisme institutionnel au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir. Il a rencontré en personne les dirigeants noirs du Delaware et a également tenu une réunion virtuelle avec des maires des grandes villes.

Joe Biden a déclaré que la haine émerge «lorsque vous avez quelqu’un au pouvoir qui insuffle de l’oxygène dans la haine».

Selon de hauts responsables de la défense, entre 600 et 800 membres de la Garde nationale de cinq États ont été envoyés à Washington pour fournir une assistance.

Ces troupes étaient déjà sur le terrain ou arriveront vers minuit.

Une loi de la guerre civile

En vertu de la loi Posse Comitatus de l’ère de la guerre civile, il est interdit aux troupes fédérales d’effectuer des actions nationales d’application de la loi, telles que procéder à des arrestations, saisir des biens ou fouiller des personnes.

Dans les cas extrêmes, cependant, le président peut invoquer la loi sur l’insurrection, également de l’époque de la guerre de Sécession, qui autorise l’utilisation de troupes en service actif ou de la Garde nationale pour l’application de la loi.

Plus tôt, Donald Trump avait parlé aux gouverneurs lors d’une téléconférence vidéo qui comprenait également des responsables de l’application des lois et de la sécurité nationale.

Le président a demandé aux gouverneurs «d’être beaucoup plus sévères».

«La plupart d’entre vous sont faibles», a déclaré Donald Trump.

«Vous devez arrêter des gens, vous devez suivre les gens, vous devez les mettre en prison pendant 10 ans et vous ne reverrez plus jamais ce genre de choses», a déclaré Donald Trump. «Nous le faisons à Washington, D.C. Nous allons faire quelque chose que les gens n’ont jamais vu auparavant.»

Appel au pacifisme

À Minneapolis, le frère de George Floyd, Terrence, a lancé un appel à la paix sur le lieu où son frère a perdu la vie.

«Changeons les choses, je vous en prie. Allons-y. Faites-le pacifiquement, s’il vous plaît», a déclaré Terrence Floyd.

La foule a scandé «Quel est son nom? George Floyd! » et «Un de moins, trois à faire!» en référence aux quatre officiers impliqués dans l’arrestation de George Floyd. L’officier Derek Chauvin a été accusé de meurtre, mais les manifestants exigent que ses collègues soient également poursuivis. Tous les quatre ont été licenciés.

Le rassemblement était en partie un rassemblement et en partie un éloge impromptu alors que Terrence Floyd a exhorté les manifestants à cesser la violence et à utiliser leur pouvoir dans les urnes.