Donald Trump pourrait nuire aux chances de son parti en Géorgie

VALDOSTA, Ga. — Le président défait Donald Trump a continué de se lamenter en répétant ses théories complotistes infondées de fraude électorale massive, samedi soir en Géorgie, lors de son premier rassemblement public depuis qu’il a perdu l’élection présidentielle.

En principe, cet événement visait à exhorter les partisans républicains à voter en grand nombre à l’occasion du deuxième tour des élections sénatoriales en Géorgie. Les futiles allégations du président défait, espérant toujours renverser la volonté populaire, sont cependant venues alimenter la campagne de M. Trump qui cherche à miner la confiance du public envers les institutions démocratiques.

Des milliers de personnes, dont une grande partie ne portait pas de masque, se sont réunies à Valdosta pour entendre Donald Trump.

Des stratèges républicains craignaient que les radotages du futur ancien président incitent certains électeurs à ne pas participer au scrutin du 5 janvier.

Les alliés de M. Trump se moquent publiquement de l’idée que le président défait refuserait d’encourager les républicains à se rendre aux urnes pour voter pour David Perdue et Kelly Loeffler.

«Je voudrais continuer de parler de l’élection présidentielle, a lancé Donald Trump dans les premières minutes de son discours, mais je dois vous parler de ces deux-là.» Il a ensuite remercié les deux sénateurs, David Perdue pour avoir appuyé ses dépenses militaires et Kelly Loeffler pour avoir défendu l’adoption de stimulus économique au tout début de la pandémie. L’orateur est toutefois rapidement revenu à sa propre défaite.

«Laissez-les voler la Géorgie à nouveau, vous ne pourrez plus jamais vous regarder dans le miroir», a-t-il lancé à son public.

Donald Trump a ensuite sorti une feuille pour lire une liste de réalisations, incluant de fausses prétentions comme d’avoir remporté l’État de Géorgie, qu’il a perdu par 12 670 voix, et d’avoir gagné la Maison-Blanche, qu’il a perdue également. Sa propre administration a d’ailleurs reconnu que les élections avaient été menées sans aucun problème majeur.

Les républicains ont besoin d’un siège de plus pour garder la majorité au Sénat. Au contraire, si les démocrates gagnent les deux scrutins, la vice-présidente élue Kamala Harris détiendra le vote prépondérant en cas d’égalité 50-50 dans la Chambre haute.

Peu d’observateurs croient qu’une grande majorité de sympathisants républicains ne voteront pas le 5 janvier, même un petit nombre d’abstentionnistes pourrait donner la victoire aux démocrates.

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a tenté sans succès de convaincre le gouverneur de la Géorgie de convoquer une séance extraordinaire du Congrès de l’État pour renverser les résultats du scrutin ayant donné la victoire à son adversaire Joe Biden.

Un haut responsable du gouvernement de l’État a indiqué que le gouverneur Brian Kemp avait refusé d’obtempérer à la demande de M. Trump. Une source près de la Maison-Blanche a vérifié le contenu de cet appel téléphonique.

Devant la foule de partisans, Donald Trump s’en est pris au gouverneur pour avoir refusé de renverser le vote populaire. Il a déclaré qu’il pourrait lui assurer une victoire présidentielle «s’il savait ce qu’il fait».

Des républicains inquiets

Selon l’attachée de presse de la Maison-Blanche Kelly McEnany, la seule présence de Donald Trump permettra aux deux républicains de franchir le fil d’arrivée en vainqueurs. Elle a aussi fait remarquer que plusieurs sénateurs vulnérables ont été réélus grâce à lui.

«La base de Trump est toujours derrière lui tout le temps, a-t-elle déclaré à Fox Business Network. Il est à la tête de ce mouvement. Que l’on ne s’y trompe pas: cela ne changera pas.»

Mais après que deux avocats ont lancé un appel à peine déguisé au boycottage du scrutin, même le vice-président Mike Pence a trahi ses craintes d’une défaite républicaine.

«Je sais que nous avons tous nos doutes sur la dernière élection, et j’entends certains d’entre vous dire de ne pas voter, a-t-il déclaré, vendredi. Si vous ne votez pas, ils [les démocrates] gagnent.»

Mais en attaquant verbalement le gouverneur Brian Kemp et le secrétaire d’État Brad Raffensperger, tous deux des républicains, Donald Trump nourrit l’angoisse des stratèges républicains.

Les élucubrations de M. Trump ont trouvé écho dans l’oreille de certains partisans. Barry Mann, un propriétaire d’entreprise âgé de 61 ans, est l’un d’entre eux. Même s’il est venu écouter Mike Pence à Savannah, M. Mann n’a pas encore décidé s’il allait voter.

«Il y a eu des problèmes. Plus d’enquêtes doivent être menées», a-t-il avancé. Il juge que M. Perdu et Mme Loeffler n’en ont pas assez fait pour soutenir les efforts de Trump de renverser les résultats. «Je veux voir ce qui se passera d’ici janvier», a déclaré M. Mann.

Un troisième dépouillement des voix — celui demandé par la campagne de réélection du président, est en voie d’achèvement. M. Raffensperger pourrait à nouveau certifier la victoire de Joe Biden dès samedi.

Tim Phillips, président du groupe conservateur «Les Américains pour la prospérité», ne croit pas que l’abstention sera assez forte pour empêcher la victoire des deux candidats républicains. Son organisation a envoyé environ 200 agents dans toute la Géorgie.

Il conçoit qu’un grand nombre d’électeurs potentiels républicains vivant en zone rurale aiment bien Donald Trump. Cette loyauté leur permet d’entendre les deux messages du président défait.

«Il peut dire des choses sur le gouverneur ou d’autres personnes, mais le message dominant est qu’il s’est prononcé en faveur de Perdue et de Loeffler, dit M. Phillips. Cela devrait être extrêmement bénéfique».

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Je m’étonne… Il est dit à cinq reprises ( 5 !) dans cet article que D. Trump est un président « défait » or – à ce que je sache – il ne l’est pas et ça n’a été dit par aucune instance officielle. Le fait qu’il ait été annoncé perdant par le NY Times, Le Journal de Mickey ou La Gazette de la Ménagère de Gaspésie ne change rien à l’affaire !

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