Donald Trump refuse que le coronaviru l’empêche de s’adresser à la foule

WASHINGTON — Le président Donald Trump a refusé de permettre au coronavirus de l’empêcher de s’adresser à la foule dont il rêvait pour la Convention nationale républicaine.

Les directives fédérales concernant la distanciation physique, l’évitement des foules et le port du masque pour lutter contre la propagation du coronavirus ont été catégoriquement ignorées lors de cette soirée.

Voici quelques éléments clés de la dernière soirée de la convention républicaine:

Donald Trump a clairement indiqué dans son discours d’acceptation de la nomination du Parti républicain qu’il tentera à nouveau de renverser «l’establishment» politique en se présentant à nouveau comme quelqu’un de l’extérieur même s’il est à la tête du gouvernement depuis quatre ans.

Ses paroles étaient souvent inquiétantes, ses nouvelles politiques étaient peu nombreuses et il n’a donné qu’une vague idée de ce qu’il apporterait s’il devait être réélu. Il a parlé de la pandémie mortelle de coronavirus comme si sa gestion était un succès sans réserve.

Dans son discours à la convention de 2016, Donald Trump avait déclaré: «Personne ne connait le système mieux que moi, c’est pourquoi je suis la seule personne qui puisse le réparer». Quatre ans plus tard, après que les électeurs lui ait donné une chance de le prouver, Donald Trump fait maintenant face (ses adversaires diraient qu’il refuse de faire face) à de multiples crises.

Donald Trump pense que la rhétorique de la peur est bien plus puissante que celle de l’espoir.

Son discours était rempli d’avertissements graves et tragiques et ses critiques à l’égard de Joe Biden étaient mordantes et personnelles. «Si la gauche accède au pouvoir, elle démolira les banlieues, confisquera vos armes et nommera des juges qui effaceront votre deuxième amendement et d’autres libertés constitutionnelles», a déclaré le président Trump.

Et c’est Joe Biden, a-t-il dit, qui n’a pas dit aux Américains ce qu’il ferait en tant que président.

«Joe Biden peut prétendre qu’il est un allié de la Lumière, mais en ce qui concerne son programme, Biden veut vous garder complètement dans le noir», a-t-il déclaré.

Mais il n’a offert qu’un aperçu de ce qu’il espère faire avec quatre autres années de plus à la Maison-Blanche, en mentionnant un rebond économique après la récession induite par le coronavirus. «Dans un nouveau mandat de président, nous bâtirons à nouveau la plus grande économie de l’Histoire – un retour rapide au plein emploi, des revenus en flèche et une prospérité record», a-t-il déclaré.

Le discours de Donald Trump était plus que deux fois plus long que celui de Joe Biden il y a une semaine. Et contrairement à ses prédécesseurs lors des conventions précédentes, il s’est inséré dans le programme de la campagne chacune des quatre soirées.

Le spectacle doit continuer

Des parents et des enfants ont été inhumés sans que leurs proches soient présents, les écoles sont passées à l’apprentissage en ligne et les mariages ont été reportés indéfiniment pour arrêter la propagation du coronavirus. Par crainte d’infection, beaucoup n’ont pas revu leur famille depuis des mois.

Mais environ 1500 personnes se sont rassemblées étroitement jeudi soir sur la pelouse sud de la Maison-Blanche afin que Donald Trump puisse accepter la nomination de son parti devant une foule qui l’acclamait.

La taille de la cérémonie enfreignait de beaucoup les directives pour le reste de Washington DC et était en contradiction avec les directives des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Les républicains ont transformé la pelouse de la Maison-Blanche en une salle de congrès en plein air, avec une grande scène, des publicités massives de Donald Trump, des rangées de chaises blanches et une horde de drapeaux américains, faisant fi de la loi fédérale qui interdit l’utilisation des ressources des contribuables pour la politique partisane.

Pour couronner le tout: les masques n’étaient pas obligatoires, les chaises étaient placées près les unes des autres, sans espace pour la distanciation physique, et de nombreux participants n’avaient pas été dépistés pour la COVID-19.

L’événement pourrait être un aperçu de la façon dont Donald Trump a l’intention de faire campagne à l’automne.

Tout pour la base partisane

Les politiciens tentent habituellement de séduire différents groupes qui composent la société, mais pas Donald Trump.

Les discours de sa convention ont indiqué clairement que son appel s’adresse à ceux qui l’ont soutenu auparavant, avec peu de tentatives d’aller au-delà de cette base.

Donald Trump a annoncé sa candidature il y a cinq ans en accusant le Mexique d’envoyer des violeurs de l’autre côté de la frontière et en déclarant que lui seul pouvait raviver le rêve américain.

Après près de quatre ans au pouvoir, l’approche de Donald Trump n’a pas changé. Il s’agit toujours de parler à sa base et gagner en divisant.

Un bref hommage à une victime

Ben Carson, secrétaire au Logement et à l’urbanisme, s’est démarqué en tant qu’orateur pour une raison: il a directement reconnu le meurtre de Jacob Blake à Kenosha, dans le Wisconsin, par la police dimanche.

Ben Carson, le plus haut gradé des Afro-Américains au service de l’administration Trump, a prononcé ses remarques à la convention dans une vidéo préenregistrée. «Je voudrais dire que nos pensées vont à la famille Blake», a déclaré Ben Carson. «Les images que tout le monde a vues de cet événement tragique à Kenosha sont déchirantes. Cette action mérite une réponse sereine, qui évite la destruction d’une communauté qui a façonné Jacob et sa famille.»

Les commentaires de Ben Carson faisaient contrastes avec le reste de la convention qui s’est concentrée tous les soirs sur le message de la «loi et l’ordre» contre la violence et les manifestations.

Rudy Giuliani s’en mêle

Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et avocat personnel de Donald Trump a vivement critiqué le mouvement Black Lives Matter.

Rudy Giuliani a qualifié les membres du mouvement de «co-conspirateurs» alors que des manifestations parfois violentes se produisent dans plusieurs villes du pays.

«Si Biden est élu, avec les démocrates qui ne veulent pas dénoncer cette anarchie, alors la vague de criminalité s’intensifiera et se répandra des villes et villages aux banlieues et au-delà», a-t-il ajouté.

Dans un discours parfois décousu, il a attaqué Joe Biden et les démocrates pour ne pas en faire plus pour arrêter la violence armée dans les villes. Rudy Giuliani a allégué «qu’Obama et Biden n’ont rien fait du tout pour réprimer le carnage», ajoutant: «je suppose que ces vies noires n’avaient pas d’importance pour eux.»

QAnon sur la pelouse de la Maison-Blanche

Marjorie Taylor Greene, candidate républicaine au Congrès de Géorgie qui soutient la théorie du complot QAnon, a assisté au discours d’acceptation de Donald Trump en tant qu’invitée. Marjorie Taylor Greene a posté une photo d’elle-même sur la pelouse sud jeudi soir avant le discours de Donald Trump.

Marjorie Taylor Greene a une longue histoire de promotion de la théorie conspirationniste pro-Trump, qui allègue qu’un fonctionnaire gouvernemental anonyme de haut rang connu sous le nom de «Q» partage des informations sur un «État profond» anti-Trump souvent lié au satanisme et à la pédophilie. Elle a également souvent fait la manchette pour une série de commentaires racistes, antisémites et islamophobes.

Donald Trump l’a déjà présentée comme une «future star républicaine». La présence de Marjorie Taylor Greene intervient après que la campagne Trump ait été forcée de retirer à la dernière minute un discours préenregistré de Mary Ann Mendoza du programme de mardi soir.

Cette mère d’un policier tué avait publié un tweet maintenant supprimé, qui dirigeait ses abonnés vers une série de messages antisémites et des théories du complot.

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