Donald Trump sonne le retrait américain du Partenariat transpacifique

OTTAWA – Contrairement au Japon, le Canada a semblé se résigner à accepter la mort du Partenariat transpacifique (PTP), lundi, après que le président Donald Trump eut signé le même jour une note présidentielle qui sonne le retrait américain de l’accord de libre-échange entre douze pays.

Le nouveau président, assermenté vendredi, déclenche ainsi le mécanisme de retrait de cet accord de libre-échange qui couvre 12 pays de la zone Pacifique, dont le Canada. M. Trump a réitéré lundi que ce retrait constituera «une grande chose pour les travailleurs américains».

On ignore encore si le président Trump voudra par la suite conclure des ententes bilatérales avec les onze autres pays signataires de l’entente. Ces 12 pays représentent environ 13,5 pour cent de l’économie planétaire, selon la Banque mondiale.

M. Trump a souvent plaidé que le déclin de l’emploi dans le secteur manufacturier américain est attribuable aux ententes commerciales internationales, comme l’Accord de libre-échange nord-américain, et à l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce.

Aucune déclaration officielle n’est venue dans l’immédiat du premier ministre Justin Trudeau ou de la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, qui sont à Calgary pour une réunion du caucus de deux jours devant s’attarder à la meilleure manière d’aborder la nouvelle administration Trump.

Le Canada avait adopté une attitude attentiste sur le PTP, le gouvernement libéral ayant lancé une vaste consultation qui semblait vouée à reporter la décision jusqu’à ce que les États-Unis se prononcent sur la ratification. Questionné pour savoir si le gouvernement estimait que l’entente pouvait être sauvée, le porte-parole de Mme Freeland, Alex Lawrence, a simplement dit que l’«accord ne (pouvait) entrer en vigueur sans les États-Unis».

Néanmoins, le Japon continue de s’accrocher à l’espoir d’un sauvetage de l’entente de libre-échange en faisant changer d’avis M. Trump sur la question.

«Un PTP sans les États-Unis serait extrêmement difficile, mais nous avons encore une fenêtre jusqu’en 2018, lorsque le traité devra avoir été ratifié», a dit Yoshihide Suga, un conseiller principal du premier ministre japonais Shinzo Abe, au diffuseur américain CNBC.

«Nous croyons avoir encore la chance de convaincre les États-Unis de l’importance du libre-échange», a-t-il poursuivi.

M. Abe a rencontré personnellement M. Trump pour faire valoir les avantages de l’entente. Le Japon a aussi appelé les autres pays ayant négocié le PTP, dont le Canada, à tenter de persuader M. Trump de reconsidérer sa décision.

La signature de la note présidentielle, lundi, revêt cependant un caractère symbolique puisque le Sénat américain n’avait pas encore ratifié l’entente de principe conclue à l’automne 2015 et signée en février 2016. L’entente devait par la suite être ratifiée par les gouvernements des 12 pays signataires d’ici 2018.

Plusieurs observateurs croient que l’entente ne risque pas d’être ratifiée par le Sénat américain compte tenu du peu de popularité que connaissent de tels accords commerciaux dans l’opinion publique américaine actuellement, et des éventuelles pertes d’emplois qui pourraient survenir dans certains secteurs de l’économie aux États-Unis.