Données Facebook: Wylie dit ne pas avoir fait de ciblage d’électeurs pour le PLC

OTTAWA — Le spécialiste de données canadien dont les allégations ont fait scandale à l’échelle planétaire concernant l’usage à mauvais escient de données personnelles d’utilisateurs de Facebook a assuré, mardi, qu’il n’avait rien fait de mal lorsqu’il était à l’emploi des libéraux fédéraux au début de 2016.

Devant un comité parlementaire, Chris Wylie a déclaré que l’emploi qu’il a occupé au bureau de recherche du Parti libéral du Canada (PLC) n’avait rien à voir avec le ciblage et la psychoanalyse d’électeurs.

Dans le cadre de son travail, il ne faisait que fournir des services de communication pour les membres du caucus, a-t-il soutenu.

En mars, Chris Wylie a accusé la firme de consultants Cambridge Analytica d’avoir utilisé les données de dizaines de millions de membres de Facebook pour établir des catégories d’électeurs, et ainsi faire des gains politiques.

Le lanceur d’alerte a révélé que son ancienne firme avait utilisé ces informations pour assurer la victoire de Donald Trump à la présidence des États-Unis et du camp du «Oui» lors du référendum pour le «Brexit», en 2016.

Dans la foulée de la victoire des libéraux aux élections de 2015, M. Wylie a signé un contrat d’une valeur de 100 000 $ pour lancer un projet pilote dans le bureau de recherche du caucus libéral. Il avait aussi travaillé pour les anciens chefs Stéphane Dion et Michael Ignatieff il y a une dizaine d’années.

M. Wylie a déclaré que son passage chez les libéraux n’avait pas été particulièrement marquant. Il a insisté pour dire qu’il n’avait jamais fait de ciblage d’électeurs pour l’un ou l’autre des partis libéraux au Canada.

«Laissez-moi être très clair — toute insinuation selon laquelle j’aurais fait cela est tout simplement fausse», a-t-il indiqué, ajoutant qu’il avait parmi ses tâches l’amélioration de la communication au sein du caucus, et dans les circonscriptions, ainsi que de l’analyse des discussions sur les réseaux sociaux.

«Je n’ai pas travaillé sur un ciblage psychométrique pour le Parti libéral ou pour toute autre entité libérale.»

Chris Wylie a aussi dit au comité qu’il ne fallait pas voir l’utilisation des données ou de la psychologie comme étant toujours néfaste en politique. Cela ne signifie pas nécessairement que les partis cherchent à manipuler ou à duper les électeurs, selon lui.

«Cela signifie seulement qu’on cherche des informations pour vous aider à impliquer ces gens.»