Dons d’organes: le Québec atteint un niveau inégalé de références de donneurs

MONTRÉAL — Transplant Québec rapporte que l’an dernier, pour la première fois de son histoire, le nombre de donneurs potentiels qui lui ont été recommandés a excédé le total des 799 personnes en attente d’organes dans la province.

Ce sont les centres hospitaliers qui font des références de donneurs potentiels à Transplant Québec. Ces références n’ont cessé de croître au cours des récentes années.

Elles ont ainsi atteint un record de 820 en 2019, ce qui représente une hausse de 112 % par rapport à 2010.

«Ça veut dire que les hôpitaux font de mieux en mieux leur travail», se réjouit Louis Beaulieu, le directeur général de Transplant Québec.

«Et c’est un jalon très important dans le don d’organes.»

Des 820 références faites l’an dernier, 29 % ont pu être retenues (soit 239) et de celles-ci, trois sur quatre ont pu mener au don d’organes. Ainsi, 535 personnes ont pu recevoir des organes au Québec, à la fois de donneurs vivants ou décédés.

Le nombre de donneurs réels a aussi augmenté au cours des années, mais pas autant. Il est passé de 119 en 2010 à 179 en 2019.

M. Beaulieu a observé l’an dernier des références provenant de toutes les régions du Québec, ce qui lui semble très encourageant pour l’avenir du don d’organes. Il estime aussi que l’ajout de médecins spécialistes coordonnateurs en don et transplantation d’organes à la grandeur du territoire permettra de recommander plus de donneurs, mais aussi de transplanter plus d’organes.

En octobre dernier, la ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Danielle McCann, a annoncé que le nombre de médecins spécialistes coordonnateurs serait augmenté de 10 à 32 afin qu’ils soient présents dans tous les établissements de santé et de services sociaux du Québec.

Une autre bonne nouvelle concerne le temps d’attente pour les greffes de reins et de poumons: il a considérablement diminué depuis 2012.

Le rein demeure toutefois l’organe le plus en demande, en raison de la prévalence du diabète dans la population, ce qui cause l’insuffisance rénale.

Les organes d’une personne décédée peuvent aider de multiples personnes: l’an dernier, 179 donneurs au Québec ont permis de transplanter 592 organes.

Aussi, c’est le Saguenay et l’Estrie qui sont en tête cette année relativement au taux de références pour le don d’organes et Montréal arrive au troisième rang.

L’organisme note que pour l’ensemble des références de donneurs potentiels refusés, le pourcentage lié aux refus de la famille a diminué de 3 %, passant de 38 % en 2018 à 35 % en 2019.

M. Beaulieu incite donc les Québécois à faire connaître clairement leurs volontés à leurs proches. Cela va les aider à accepter le don d’organe, dit-il.

Transplant Québec, sur mandat de la ministre de la Santé et des Services sociaux, coordonne le processus de don d’organes dans la province.