Doug Ford critique la vérificatrice générale pour ses opérations d’infiltration

TORONTO — Le premier ministre de l’Ontario critique la vérificatrice générale pour avoir embauché des agents d’infiltration afin de tester les mécanismes contre le blanchiment d’argent dans les casinos de la province.

Bonnie Lysyk a révélé mercredi qu’elle avait embauché des «clients mystères», qui ont pu obtenir des chèques de deux casinos alors qu’ils n’avaient presque pas joué, confirmant ainsi qu’on pouvait blanchir de l’argent dans ces établissements. Mais elle a également souligné que les clients mystères dans deux autres casinos n’avaient pas pu obtenir de tels chèques.

Doug Ford a déclaré jeudi que Mme Lysyk devrait se concentrer sur les audits d’optimisation des ressources et rester à l’écart des opérations d’infiltration. Mme Lysyk n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

M. Ford assure qu’il accueille favorablement tous les audits qui débusquent où son gouvernement aurait gaspillé de l’argent.

«La vérificatrice générale devrait rester dans son couloir et se concentrer sur le gaspillage, a-t-il affirmé jeudi lors d’une conférence de presse sur un autre sujet. Vous ne pouvez pas faire une opération d’infiltration, vous ne pouvez pas tout d’un coup vous suppléer et penser que vous êtes les services secrets qui font des opérations d’infiltration — qui ont échoué, en passant: ils ont été attrapés.»

Dans son rapport annuel, la vérificatrice générale de l’Ontario indique que son bureau a embauché des clients mystères d’une agence de consultants pour tester les protections contre le blanchiment d’argent dans quatre casinos de la province.

«Les clients mystères avaient pour mission de vérifier si les casinos contrôlaient leur jeu et leurs gains avant d’émettre des chèques de 3000 $ ou plus, comme l’exige la politique de lutte contre le blanchiment d’argent» de la Société des loteries et des jeux de l’Ontario (OLG), lit-on dans le rapport d’audit.

Mme Lysyk a indiqué que dans deux casinos, les «clients mystères» sont arrivés avec des montants allant de 5000 $ à 11 000 $ en argent comptant, qu’ils ont joué à des jeux sur table et à des machines à sous pendant une courte période (10 à 15 minutes), puis ont pu échanger leur argent comptant contre des chèques de 4900 $ et 10 600 $.

«Ces fonds pourraient maintenant être considérés comme ‘blanchis’ parce que le chèque pourrait être déposé dans une banque à titre de gains de casino», écrit la vérificatrice générale dans son rapport. 

Mme Lysyk a admis mercredi en conférence de presse que la Police provinciale de l’Ontario n’était pas enchantée par cette manoeuvre et lui a demandé d’y mettre un terme parce qu’il lui fallait des ressources pour enquêter. Mais la vérificatrice a défendu son opération.

«Nous croyons qu’il était utile de revoir les contrôles internes qui sont communiqués aux exploitants de casinos, qui sont de grands exploitants de casinos en Ontario, sur la façon de s’assurer qu’ils restreignent autant que possible le blanchiment d’argent», a-t-elle dit.

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