Doug Ford dit être trop occupé pour faire campagne avec Andrew Scheer

VERNER, Ont. — Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré mardi qu’il était trop occupé à diriger sa province pour avoir le temps de faire campagne aux côtés d’Andrew Scheer.

Depuis le début de la campagne fédérale, le chef du Parti conservateur du Canada a visité trois provinces dirigées par des gouvernements provinciaux conservateurs. Aucun des premiers ministres de l’Ontario, de l’Alberta et du Manitoba n’a toutefois été vu aux côtés d’Andrew Scheer.

L’an dernier, M. Scheer apparaissait en une du magazine «Maclean’s» en compagnie des premiers ministres de l’Ontario, du Manitoba, de l’Alberta et de la Saskatchewan avec la mention en anglais «The Resistance» (la résistance), en référence à leur opposition commune à la taxe fédérale sur le carbone.

Plusieurs de ces premiers ministres ont depuis affirmé qu’ils n’avaient pas l’intention d’aider Andrew Scheer dans la campagne électorale fédérale. Le principal intéressé a dit ne pas trop y accorder d’importance lorsqu’il a été interrogé sur le sujet récemment.

«Toutes les personnes sur cette photo ont été claires sur l’intention commune de se battre contre la taxe sur le carbone, a commenté M. Scheer. La bonne nouvelle, c’est qu’après le 21 octobre, ces premiers ministres n’auront plus à le faire parce que la première tâche d’un gouvernement conservateur sera de l’abolir.»

Le chef libéral Justin Trudeau est passé mardi dans une province libérale, à Terre-Neuve-et-Labrador, où il a fait une brève annonce sans la présence du premier ministre Dwight Ball. Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, n’a pas encore visité la Colombie-Britannique, la seule province dirigée par un gouvernement néo-démocrate.

Aucun des deux adversaires de M. Scheer n’avait toutefois été soutenu aussi ouvertement par des premiers ministres provinciaux.

«Je suis très occupé à gouverner»

Jason Kenney, de l’Alberta, n’a jamais caché son intention de travailler fort pour venir en aide aux conservateurs fédéraux. Ses homologues des autres provinces demeurent cependant en retrait.

M. Kenney aurait même l’intention de se déplacer en Ontario pour soutenir M. Scheer, ce qui rendrait encore plus flagrante l’absence de Doug Ford. Le premier ministre ontarien n’était d’ailleurs pas présent lors du passage de M. Scheer dans son propre patelin à Etobicoke.

Mardi, Doug Ford s’est fait demander si l’équipe de campagne d’Andrew Scheer avait communiqué avec lui. Il a répondu: «Je ne peux pas dire qu’ils l’ont fait.»

«Je suis très occupé à gouverner. C’est un travail à temps plein. Honnêtement, je n’ai tout simplement pas eu le temps. Je ne veux pas interférer dans les élections fédérales. Je veux qu’ils aient une bonne course et que le meilleur parti l’emporte», a déclaré M. Ford.

Depuis qu’il a pris le pouvoir l’an dernier, Doug Ford a vu sa cote de popularité chuter, particulièrement après avoir imposé d’importantes coupes budgétaires. Justin Trudeau a souvent tenté de lier M. Ford au chef conservateur fédéral, laissant entendre qu’Andrew Scheer appliquerait la même méthode s’il devenait premier ministre.

De son côté, M. Scheer évite de nommer M. Ford, préférant critiquer le précédent gouvernement libéral ontarien. Il nie toutefois vouloir prendre ses distances par rapport à Doug Ford.