Doug Ford suscite les applaudissements depuis le début de la pandémie

TORONTO — Aucun aspect de la vie canadienne n’a été épargné par la pandémie de COVID-19, y compris la politique, et des experts s’accordent sur un fait: la crise sanitaire a permis de découvrir un nouveau Doug Ford.

Le premier ministre de l’Ontario, qui a souvent été un facteur de division sur la scène locale avant de devenir une figure nationale polarisante, fait tourner les têtes depuis qul est devenu clair que le Canada ne serait pas épargné par la propagation du nouveau coronavirus.

Le discours populiste qui permettait à ses opposants à le comparer au président américain Donald Trump a été abandonné. Les points de presse de M. Ford ont plutôt été salués pour le ton calme du premier ministre et les idées relativement progressistes adoptées.

Selon les observateurs politiques, une telle approche diffère non seulement de celle démontrée par des politiciens similaires au sud de la frontière, mais de la propre conduite de Ford par le passé.

«Je suis un libéral, mais je donne beaucoup de mérite à Doug Ford — il gère très bien cela, a déclaré Dan Moulton, vice-président de Crestview Strategy et membre du personnel de l’ancien gouvernement libéral. Il est transparent, réactif et engageant. Les Ontariens le voient vraiment en action.»

Les éloges formulés par des partisans du centre ou de la gauche ont été rares au cours de la carrière politique peu orthodoxe et colorée de M. Ford.

Pendant son mandat de conseiller municipal de Toronto, Doug Ford s’est largement inspiré de ses instincts populistes aiguisés pour se tailler une réputation de conservateur aguerri et d’homme politique qui n’avait pas peur des mots.

Ces traits distinctifs sont restés bien visibles lorsqu’il est devenu premier ministre en juin 2018 et tout au long d’une première année tumultueuse au pouvoir qui a vu son gouvernement progressiste-conservateur inverser le cours d’une multitude de politiques et de promesses fondamentales.

Ford était rarement conciliant, qu’il s’agisse de discuter des tarifs d’électricité, de la politique environnementale ou des négociations collectives avec les enseignants de l’Ontario.

Tout cela a changé plus tôt ce mois-ci.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne, M. Ford a déclaré que des situations sans précédent comme celle-là demandaient une nouvelle approche.

«Nous avons mis de côté les différences et nous avons évolué ensemble parce que les gens s’y attendent», a-t-il déclaré à propos de ses relations amicales actuelles avec les autorités fédérales et municipales.

Le premier ministre de l’Ontario a également soutenu que l’expérience les leçons apprises durant la pandémie seront appliquées une fois la crise passée.