Drame à Québec: l’accusé Carl Girouard est présumé sain d’esprit

QUÉBEC — L’accusé dans l’attaque au sabre du Vieux-Québec, Carl Girouard, est présumé sain d’esprit jusqu’à preuve du contraire, a rappelé jeudi le procureur de la Couronne affecté au dossier, Me François Godin.

«Dans le Code criminel, il y a une présomption à l’effet que les gens sont réputés être sains d’esprit», a-t-il déclaré en mêlée de presse au palais de justice de Québec. 

«Si jamais M. Girouard entend faire valoir une défense à cet effet, il pourra le faire en temps opportun. Au moment où on se parle, il est beaucoup trop tôt pour spéculer à cet effet», a-t-il ajouté. 

Me Godin a fait ces commentaires à l’issue d’une brève comparution de Girouard.

L’homme de 24 ans de Sainte-Thérèse, en banlieue de Montréal, est accusé de deux meurtres au premier degré et de cinq tentatives de meurtre commis samedi soir dans le Vieux-Québec.    

L’accusé comparaissait jeudi par visioconférence, pandémie oblige. Il est apparu par la fenêtre de la porte de sa cellule, moustachu, les cheveux foncés, aux épaules, et les yeux creux. Il semblait écouter attentivement.

Il a répondu trois fois par l’affirmative, d’une voix claire, au juge René de La Sablonnière, qui voulait savoir s’il comprenait bien tout ce qui se passait. 

Dans la nuit de l’Halloween, un assaillant armé d’un sabre japonais et vêtu d’un costume médiéval s’est attaqué à des passants dans le Vieux-Québec.

Les deux personnes décédées des suites de l’agression subie sont François Duchesne, âgé de 56 ans, et Suzanne Clermont, âgée de 61 ans.

M. Duchesne était le directeur des communications du Musée national des beaux-arts du Québec. Quant à Mme Clermont, elle travaillait dans un salon de coiffure du Vieux-Québec.

Girouard sera de retour en cour le 20 novembre prochain. D’ici là, la Couronne continuera à remettre les éléments de preuve à l’avocat de la défense, Benoit Labrecque.

Me Godin a dit estimer que d’ici deux semaines, la divulgation de la preuve sera complétée «à 75 ou 80 %».

Jeudi, il a demandé au juge de La Sablonnière de lever l’ordonnance de non-publication qui protégeait l’identité de quatre des cinq personnes blessées, ce qui lui a été accordé.

L’identité d’une seule victime sera désormais protégée.

Des victimes retracent le fil des événements

Les quatre personnes sont: Rémy Bélanger, Gilberto Porras, Lisa Mahmoud et Pierre Lagrevol, ces deux derniers étant des amis dans la vingtaine et ressortissants français.

Sur Facebook, Mme Mahmoud a retracé brièvement le fil des événements de la soirée de l’Halloween. Elle raconte qu’elle était «sortie spécialement pour aller faire des photos dans le Champlain» avec son meilleur ami, vers 22 h 10.

«Vingt-cinq minutes après, on se faisait agresser proche du château Frontenac, on était sur le chemin du retour pour rentrer chez nous.»

Pierre Lagrevol parle quant à lui d’un «fou qui nous a agressés, moi et ma meilleure amie». «On a réussi à s’échapper, d’autres n’ont pas eu cette chance», a-t-il relaté sur les réseaux sociaux. 

«Maintenant, il est pour nous le temps de se reconstruire physiquement (et) mentalement», a raconté le natif de Saint-Étienne, avant d’ajouter: «Je vous remercie du soutien, on est bien entourés, merci.»

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