Du boeuf aux spas: le vol de cargaisons entières est un phénomène croissant

CALGARY — On a pu trouver étrange, récemment, que des voleurs partent avec une remorque entière de boeuf ou de… spas, dans des régions rurales de l’Alberta, mais le Bureau d’assurance du Canada soutient que ces événements inusités mettent en évidence un type croissant de crime perpétré par des voleurs bien organisés.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a lié la même fausse entreprise de camionnage québécoise — «Transport Pascal Charland» — au vol d’une cargaison de boeuf, d’une valeur de 230 000 $, dans une usine de transformation de Brooks, en Alberta, le 30 août, puis au vol, trois jours plus tard, à 400 km de là, de sept spas chez un fabricant de Thorsby.

«Ce n’est évidemment pas un problème nouveau, mais selon les statistiques, ça semble s’aggraver», a déclaré Sid Kingma, qui dirige la division des services d’enquête du Bureau d’assurance du Canada (BAC) dans l’Ouest canadien.

L’an dernier, des pertes de 35 millions $ liées au vol de marchandises ont été signalées au BAC, contre 2,1 millions $ cinq ans plus tôt. En 2014, lorsque le BAC a commencé à compiler des statistiques sur les vols de cargaisons entières, 270 000 $ de marchandises volées avaient été récupérés. En 2019, ce chiffre était de 14 millions $ — sur les 35 millions $ volés.

M. Kingma souligne toutefois que les chiffres du BAC ne donnent qu’un petit aperçu du problème, sur la base des rapports qu’il reçoit. L’Alliance canadienne du camionnage estime quant à elle les pertes totales dues au vol de marchandises à 5 milliards $ par année.

Pas de numéros de série

Dans le cas des deux vols en Alberta, «on peut constater que des efforts ont été faits pour obtenir la documentation requise et pour que tout soit en place», souligne M. Kingma, un ancien policier d’Edmonton. «Ça implique une certaine organisation.»

Les voleurs partent en général avec des cargaisons d’articles ménagers, notamment de la nourriture, souvent impossibles à retracer avec des numéros de série, a rappelé M. Kingma. Il a aussi entendu parler de remorques entières de papier hygiénique, de noix ou de pneus que des voleurs viennent subtiliser avec un tracteur.

Une grande partie de cette marchandise volée peut être facilement et rapidement vendue dans des milieux où il y a peu de surveillance, comme les petits magasins ou les marchés aux puces. «De toute évidence, il y a des gens qui n’ont pas beaucoup de scrupules» sur la provenance de la marchandise, laisse tomber M. Kingma.

Les deux cambriolages de spas et de boeuf en Alberta ne sont pas les seuls crimes de ce genre commis récemment au Canada. La GRC au Nouveau-Brunswick signalait en juin que quatre semi-remorques remplies de crabe des neiges avaient disparu de deux terminaux de camionnage à Moncton.

Le quotidien «Guelph Mercury», dans le sud-ouest de l’Ontario, rapportait l’année dernière qu’un camion de transport rempli de charcuterie avait été volé dans une usine de transformation de viande; la police croit que les voleurs avaient montré de faux documents avant de partir avec la cargaison.

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