Philippe Couillard prendra part à une réunion d’urgence avec des ministres

QUÉBEC – Le premier ministre Philippe Couillard s’apprêtait à prendre part à une réunion d’urgence dans la nuit à la suite de la tuerie dimanche dans une mosquée du secteur Saint-Foy, à Québec.

Le porte-parole du premier ministre a confirmé l’information peu avant minuit. Un réseau de télévision rapportait que cette rencontre devait réunir aussi le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, et son collègue François Blais, responsable de la région de la capitale nationale.

D’une seule voix, la classe politique a condamné la tuerie survenue au Centre culturel islamique de Québec, chemin Sainte-Foy.

M. Couillard a tenté de rassurer la population en écrivant sur son compte Twitter que «le gouvernement est mobilisé pour assurer la sécurité de la population de Québec».

Il a ajouté que «le Québec rejette catégoriquement cette violence barbare» tout en affirmant «sa solidarité avec les Québécois de confession musulmane».

Par voie de communiqué, on a appris que le premier ministre annulait ses activités officielles prévues lundi.

M. Couillard a aussi demandé de mettre en berne le drapeau du Québec au parlement.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a aussi fait part de sa peine dans un communiqué en fin de soirée et a évoqué explicitement un acte terroriste.

«C’est avec un sentiment de choc, de tristesse et de colère que j’ai appris qu’une fusillade tragique et mortelle avait eu lieu ce soir, au Centre culturel islamique de Québec (…). Nous condamnons cet attentat terroriste dirigé contre des musulmans se trouvant dans un lieu de culte et de refuge.»

Il a offert ses condoléances aux familles et aux amis des victimes et a tenu à rendre hommage aux musulmans canadiens.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a publié un message sur sa page Facebook. Il a affirmé que «Québec est en deuil ce soir».

Il a ajouté que «la violence et l’intolérance à l’égard de qui que ce soit, groupes ou individus, sont tout simplement injustifiables et inacceptables».

Il a dit que ses pensées allaient aux familles des victimes et aux fidèles de la mosquée, en précisant que «toute la ville est avec vous et nous serons à vos côtés afin de traverser cette terrible épreuve qui dépasse la raison».

Le maire prenait part à une cellule de coordination opérationnelle et suit la situation de près, selon les renseignements obtenus.

De son côté, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a dénoncé, lui aussi sur Twitter, la «violence intolérable ce soir contre des musulmans à la mosquée de Ste-Foy» avant d’ajouter que toutes ses pensées accompagnent les victimes et leurs proches.

Son homologue de la Coalition avenir Québec, François Legault, a fait part de son indignation. «Je suis horrifiée. La police vient de confirmer qu’il y a des morts à la mosquée de Ste-Foy. Je pense aux familles, aux ami-es.»

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a affirmé que «nos pensées vont vers nos concitoyens de confession musulmane. Arrêtons ensemble l’islamophobie».

L’ensemble des députés, tant fédéraux que provinciaux, de la région de Québec, ne cachait pas leur tristesse devant ces événements tragiques.

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, a été le plus véhément. Il a soutenu par Twitter que c’était un «acte de terrorisme délibéré». Mais du même souffle, il a déclaré qu’il tient «en partie responsable le président des États-Unis islamophobe qui propage la haine. C’est dangereux».

La députée de Taschereau, Agnès Maltais, la seule élue péquiste dans la région de Québec, s’est dite «horrifiée».

Son homologue de Lévis, le caquiste François Paradis, a dénoncé un «acte intolérable, inhumain et troublant à Ste-Foy».

La députée de Vachon, Martine Ouellet, candidate défaite à la direction du PQ, a appelé à la «solidarité et compassion», en ajoutant que cet acte était «injustifiable».

Le député fédéral conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, a dit qu’il est «consterné par les événements de la mosquée de Québec». Steven Blaney a qualifié le crime «d’horrible».

La ministre fédérale du Patrimoine, Mélanie Joly, a pour sa part indiqué: «Face à la peur et l’intolérance, soyons forts et unis.»

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a déclaré qu’il venait de parler au maire de Québec Régis Labeaume. «Je condamne ces gestes insensés, a-t-il écrit. Mes pensées et prières avec les victimes.»

Fatima Houda-Pepin, une ancienne députée libérale qui a fait de la lutte à l’islamisme radical le combat d’une vie, a affirmé «violence à condamner (…), non au populisme à la Donald Trump».

Même à l’étranger, des réactions se sont fait entendre. La police de New York a fait savoir qu’elle allait renforcer sa surveillance autour des mosquées et des lieux de culte.

Par voie de communiqué, le président de la France François Hollande a dénoncé «avec la plus grande fermeté l’odieux attentat». Selon lui, les terroristes ont voulu atteindre «l’esprit de paix et d’ouverture des Québécois».

Le ministre de la Justice de l’État de New York, Eric Schneiderman, s’est dit «horrifié et que nous devions tous résister à la haine».

Le maire de la ville de New York, Bill de Blasio, a écrit que «nos prières sont avec la population de Québec aux prises avec une terrible attaque contre une mosquée».