Des policiers noirs se dissocient des syndicats qui appuient Trump

Des projets de loi sur la réforme de la police ont aussi incité plusieurs syndicaux locaux à encourager des candidats dans les États, parfois pour la première fois en plusieurs décennies.

PHILADELPHIE — La majorité des syndicats de police à travers les États-Unis ont démontré leur appui pour la réélection de Donald Trump, alors que de grandes manifestations contre la brutalité policière et le racisme systémique ont lieu partout au pays. Toutefois, un bon nombre de policiers noirs ont dénoncé cet appui, avançant que leurs préoccupations sur une implication politique lors de la campagne présidentielle ont été ignorées.

M. Trump s’est vanté de pouvoir compter sur le soutien des forces de l’ordre, ce qui inclut des syndicats municipaux, d’État et fédéraux. Certains d’entre eux ont d’ailleurs démontré publiquement leur appui pour un candidat pour la première fois. Le président dit faire campagne sur une plateforme mettant de l’avant «la loi et l’ordre». Il bénéficie du même coup de la frustration des agents qui jugent être accusés à tort de discrimination raciale.

Il y a plus de 8000 agences de police aux États-Unis, avec de plus larges départements qui maintiennent l’ordre sur le plan national. Le nombre d’agents issus de la diversité a plus que doublé depuis 30 ans, mais plusieurs départements ont encore un pourcentage de policiers noirs ou hispaniques plus bas que la proportion de ces groupes ethniques dans leur communauté.

Il y a souvent eu des tensions entre les grands syndicats et les organisations représentants les minorités dans les corps policiers. Au mois d’août, la National Association of Black Law Enforcement Officers avait publié une lettre pour condamner l’utilisation de la force et l’inconduite des agents dans les communautés ethniques.

Les dirigeants des syndicats nationaux ont avancé qu’ils ont entamé un processus pour donner à tous une voix et représenter la majorité des agents. Le Fraternal Order of Police (FOP) représente près de 350 000 agents dans le pays, mais ne tient pas compte des données démographiques sur les minorités visibles en ses rangs.

Les dirigeants nationaux du FOP ont reconnu qu’ils ont reçu des témoignages de membres qui s’opposaient à appuyer M. Trump. Toutefois, les 44 sections régionales qui ont voté ont penché en faveur du président sortant.

Sur le plan local, des projets de loi sur la réforme de la police ont aussi incité plusieurs syndicaux locaux à encourager des candidats dans les États, parfois pour la première fois en plusieurs décennies. Même si les dirigeants syndicaux ont affirmé que leurs appuis ne sont pas basés sur une allégeance politique, la majorité d’entre eux se rangent derrière des républicains s’opposant à des candidats qui ont voté pour des projets de loi «anti-policiers».

À New York, Patrick Lynch, qui dirige la Police Benevolent Association, qui représente 24 000 agents, a annoncé que le syndicat allait appuyer M. Trump à la convention nationale des républicains en août. Plusieurs membres ont ensuite affirmé qu’ils n’avaient pas été avertis de cette décision. Une lettre non signée de la Guardians Association a affirmé que les agents issus de la diversité se sont sentis pris de court et qu’ils auraient préféré que le syndicat demeure neutre pour les élections.

M. Lynch a indiqué qu’il s’agissait du premier appui du syndicat pour une élection présidentielle en au moins 36 ans.

«Ça prouve à quel point c’est important», a-t-il lancé à la foule réunie à un événement au club de golf de M. Trump à Bedminster, au New Jersey. En se retournant vers le président, il avait ajouté: «Vous l’avez mérité.»

Lors du débat présidentiel de septembre, M. Trump a énuméré les endroits où il sentait qu’il avait le soutien de la police. «J’ai la Floride, le Texas, l’Ohio, s’était-il félicité. Pardon, à Portland, le shérif a aussi démontré son appui aujourd’hui.»

Le shérif en question, du Comté de Multnomah, Mike Reese, avait démenti cette affirmation sur Twitter.

Président de la Black Police Association de Dallas, Terrance Hopkins a affirmé que plusieurs policiers avaient quitté le plus grand syndicat de police à Dallas, qui appuie M. Trump, pour se joindre à eux.

«Plusieurs de ces agents se sentent négligés, a-t-il expliqué. Et ce n’est pas juste ici. J’ai reçu un appel de quelques policiers de Kansas City qui voulaient se joindre à mon organisation parce qu’ils ne se sentent pas représentés.»

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