É-U: Juul payera près de 440 M$ pour régler l’enquête sur le tabagisme chez les ados

HARTFORD, Conn. — Le fabricant de cigarettes électroniques Juul a accepté de payer près de 440 millions de dollars pour régler une enquête de deux ans menée par 33 États sur la commercialisation de ses produits de vapotage à haute teneur en nicotine, qui ont longtemps été accusés d’avoir déclenché une vague nationale d’augmentation du vapotage chez les adolescents.

Le procureur général du Connecticut, William Tong, a annoncé l’accord mardi au nom des États et de Porto Rico, qui se sont réunis en 2020 pour enquêter sur les premières promotions de Juul et les affirmations sur les avantages de sa technologie comme alternative au tabagisme.

L’accord, qui comprend de nombreuses restrictions sur la façon dont Juul peut commercialiser ses produits, résout l’une des plus grandes menaces juridiques auxquelles est confrontée la société assiégée, qui fait toujours face à neuf poursuites distinctes auprès d’autres États. 

De plus, Juul fait face à des centaines de poursuites personnelles intentées au nom d’adolescents et d’autres personnes qui affirment être devenus dépendants des produits de vapotage de l’entreprise.

L’enquête des États a révélé que Juul commercialisait ses cigarettes électroniques auprès d’adolescents mineurs avec des soirées de lancement, des cadeaux de produits, des publicités et des publications sur les réseaux sociaux utilisant de jeunes modèles, selon un communiqué.

«Nous pensons que cela contribuera grandement à enrayer le (phénomène) du vapotage chez les jeunes», a déclaré le procureur Tong lors d’une conférence de presse à son bureau de Hartford.

«Je ne me fais aucune illusion et je ne peux pas prétendre que cela empêchera les jeunes de vapoter, a-t-il précisé. Cela continue d’être une épidémie. Cela continue d’être un énorme problème. Mais nous avons essentiellement retiré une grande partie de ce qui était autrefois un leader du marché et, par leur conduite, un contrevenant majeur.»

Les 438,5 millions de dollars seront versés sur une période de six à dix ans. M. Tong a fait savoir que le versement d’au moins 16 millions de dollars du Connecticut sera consacré aux efforts de prévention et d’éducation en matière de vapotage. 

L’entreprise Juul a déjà réglé des poursuites en Arizona, en Louisiane, en Caroline du Nord et à Washington.

Le total de l’accord s’élève à environ 25% des ventes américaines de Juul de 1,9 milliard de dollars l’année dernière. M. Tong a déclaré qu’il s’agissait d’un «accord de principe», ce qui signifie que les États finaliseront les documents de règlement au cours des prochaines semaines.

Restrictions de pratiques commerciales

La plupart des limites imposées par l’accord de mardi n’affecteront pas immédiatement Juul, qui a interrompu l’utilisation des soirées de lancement, des cadeaux et d’autres promotions après avoir fait l’objet d’un examen minutieux il y a plusieurs années. La société représente actuellement environ un tiers du marché américain du vapotage au détail, comparativement à 75 % il y a plusieurs années.

L’utilisation des cigarettes électroniques par les adolescents a explosé dans les années qui ont suivi le lancement de Juul en 2015, ce qui a amené la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis à déclarer une «épidémie» de vapotage chez les jeunes. Les experts de la santé ont soutenu que cette augmentation sans précédent risquait de rendre une génération de jeunes accro à la nicotine.

Mais depuis 2019, Juul a surtout reculé, abandonnant toute publicité américaine et retirant ses saveurs de fruits et de bonbons des rayons des magasins.

Le plus gros coup est survenu plus tôt cet été lorsque la FDA a interdit toutes les cigarettes électroniques Juul du marché. Juul a contesté cette décision devant le tribunal et la FDA a depuis rouvert son enquête scientifique sur la technologie de l’entreprise.

L’enquête de la FDA fait partie d’un vaste effort des autorités de réglementation visant à surveiller l’industrie multimilliardaire du vapotage après des années de retard. L’agence a autorisé une poignée de cigarettes électroniques des concurrents de Juul pour les fumeurs adultes à la recherche d’une alternative aux cigarettes moins nocive.

Alors que le marketing initial de Juul se concentrait sur les jeunes professionnels urbains, la société s’est depuis tournée vers le lancement de son produit comme source alternative de nicotine pour les fumeurs plus âgés.

«Nous restons concentrés sur notre avenir alors que nous remplissons notre mission d’éloigner les fumeurs adultes de la cigarette – la première cause de décès évitables – tout en luttant contre l’usage des mineurs», a indiqué la société dans un communiqué.

Juul a accepté de s’abstenir d’une foule de pratiques commerciales dans le cadre de l’accord. Il s’agit notamment de ne pas utiliser de dessins animés, de payer des influenceurs sur les réseaux sociaux, de représenter des personnes de moins de 35 ans, de faire de la publicité sur des panneaux d’affichage et dans les transports en commun ou encore de placer des publicités dans tous les points de vente, à moins que 85 % de leur public ne soit des adultes.

L’accord comprend également des restrictions sur l’endroit où les produits Juul peuvent être placés dans les magasins, la vérification de l’âge pour toutes les ventes et des limites aux ventes en ligne et au détail.

«Il s’agit de l’un des mandats les plus stricts jamais imposés à une industrie, a déclaré M. Tong, ce qui est extrêmement important, car en fin de compte, il s’agit de protéger nos enfants et de nous protéger tous contre un risque très important pour la santé publique.»

Juul a d’abord vendu ses capsules à haute teneur en nicotine dans des saveurs comme la mangue, la menthe et la crème. Les produits sont devenus un fléau dans les collèges américains, les élèves vapotant dans les salles de bain et les couloirs entre les cours.

Or, les données d’une récente enquête fédérale montrent que les adolescents se détournent de l’entreprise. De nombreux ados qui vapotent préfèrent désormais les cigarettes électroniques jetables, dont certaines continuent d’être vendues dans des saveurs sucrées et fruitées.

Dans l’ensemble, l’enquête a montré une baisse de près de 40 % du taux de vapotage chez les adolescents, car de nombreux jeunes ont été forcés d’apprendre à la maison pendant la pandémie. Pourtant, les responsables fédéraux ont mis en garde contre l’interprétation des résultats étant donné qu’ils ont été collectés en ligne pour la première fois, plutôt que dans les salles de classe.

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