Eau potable chez les Autochtones: les libéraux ont raté leur cible, souligne la VG

OTTAWA — Le gouvernement fédéral n’a pas fourni le soutien nécessaire pour garantir aux communautés des Premières Nations un accès à une eau potable salubre, conclut la vérificatrice générale.

Dans un de ses rapports publiés jeudi, Karen Hogan constate que le ministère des Services aux Autochtones n’a pas respecté son engagement d’éliminer d’ici la fin de mars 2021 tous les avis d’ébullition à long terme. 

Elle a également souligné que le gouvernement n’avait créé aucun régime de réglementation pour favoriser l’accès à une eau potable salubre dans les collectivités des Premières Nations.

Depuis des années, de nombreuses communautés des Premières Nations au Canada ne peuvent boire l’eau du robinet et le gouvernement libéral avait promis régler ces problèmes. Le rapport de la vérificatrice générale conclut que 100 avis d’ébullition à long terme ont été levés entre 2015 et 2020, mais que 60 étaient toujours en vigueur le 1er novembre dernier. De plus, près de la moitié de ces avis sont en place depuis plus de 10 ans. 

Mme Hogan reconnaît que la pandémie a ralenti certains projets, mais elle souligne que plusieurs projets accusaient déjà du retard.

Dans son rapport, la vérificatrice générale note que l’accès à une eau potable salubre est essentiel à la santé et au bien-être de 330 000 personnes vivant dans plus de 600 communautés des Premières Nations à travers le pays. Or, 15 ans après une première recommandation du Bureau du vérificateur général, il n’y a toujours pas de régime de réglementation. 

«Même si la Loi sur la salubrité de l’eau potable des Premières Nations est entrée en vigueur en 2013, aucun règlement connexe n’a été établi», lit-on dans le rapport.

Une promesse électorale 

Dès son élection en 2015, le gouvernement libéral promettait d’éliminer les avis d’ébullition à long terme d’ici mars 2021. Dans son budget 2016-2017, il a commencé à allouer plus de 2 milliards $ pour améliorer l’accès à l’eau et le traitement des eaux usées dans les communautés des Premières Nations, y compris le financement pour l’exploitation et l’entretien des réseaux publics d’eau potable. Or, le financement de ce gouvernement pour résoudre la situation prend fin le mois prochain.

Services aux Autochtones Canada a estimé que 1,79 milliard $ avait été effectivement dépensé à la fin de novembre. Dans son énoncé économique de l’automne dernier, le gouvernement a promis un financement supplémentaire de 1,5 milliard $ à compter de 2026-2027 pour des projets de traitement des eaux usées dans les collectivités des Premières Nations.

«On n’a pas vraiment examiné où s’est rendu l’argent qui a été engagé très récemment, mais nous avons regardé si la formule répondait aux besoins des Premières Nations, et nous avons constaté que non, ce n’était pas le cas», a indiqué Mme Hogan en conférence de presse, jeudi. 

En Chambre, la députée bloquiste Marilène Gill a cité un élément du rapport de la vérificatrice générale, qui souligne que près de la moitié des avis à long terme sur la qualité de l’eau potable remontent à plus de 10 ans. «Et le gouvernement a le culot de blâmer son échec sur la pandémie», a-t-elle lancé en questionnant le ministre des Services aux Autochtones.

Marc Miller a dit accueillir favorablement les recommandations de la vérificatrice et a promis de «travailler sans relâche jusqu’à ce que tous les avis à long terme soient levés». 

«Depuis 2015, nous avons travaillé directement avec les communautés des Premières Nations pour améliorer l’accès à l’eau potable et malgré les difficultés que nous avons annoncées en décembre, nous sommes convaincus que nous sommes sur la bonne voie et que nous allons lever effectivement les avis d’ébullition à long terme.»

Le ministre Miller admettait le 2 décembre dernier qu’au moins 22 avis à long terme dans 10 communautés autochtones seraient toujours en vigueur au-delà de la cible de mars 2021, promesse électorale du premier ministre Justin Trudeau en 2015. M. Miller a alors expliqué que la pandémie avait freiné les efforts de modernisation des systèmes d’approvisionnement en eau et les programmes de formation sur place.

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Cette dépêche a été produite avec l’aide financière des Bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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