Eau potable: des habitants d’Iqaluit remplissent des bidons à la rivière

IQALUIT — Des résidants d’Iqaluit remplissaient mercredi des bidons à la rivière, en dehors de la capitale du Nunavut, après avoir appris que l’eau du robinet pouvait être impropre à la consommation.

La Ville a déclaré mardi soir l’état d’urgence, affirmant que son approvisionnement en eau pouvait contenir de l’essence.

Certains résidents s’étaient plaints sur les réseaux sociaux la semaine dernière d’une odeur de carburant dans l’eau, mais la Ville avait répondu que l’eau avait été régulièrement testée et qu’elle était sécuritaire.

La Ville a ensuite annoncé que des preuves d’une possible contamination aux hydrocarbures avaient été observées à son usine de traitement des eaux.

Des échantillons d’eau ont été envoyés dans un laboratoire au sud afin d’être analysés, mais les résultats pourraient prendre jusqu’à cinq jours ouvrables avant d’être connus.

En attendant, les autorités municipales ont annoncé mercredi matin de l’eau traitée était disponible dans une station de remplissage, mais elle doit quand même être bouillie.

Andrew Tagak fils s’est déplacé à la rivière avec plusieurs bidons à remplir. Il a confié avoir besoin d’assez d’eau pour lui-même et pour les trois autres personnes avec qui il habite.

«Tant que je sais qu’elle est fraîche, je suis heureux», a-t-il commenté à La Presse Canadienne.

Il mentionne avoir remarqué une étrange odeur dans l’eau la semaine dernière, mais qu’il n’en avait pas fait de cas.

«Je ne savais pas que ce serait des hydrocarbures de pétrole. Ça m’a fâché, mais maintenant on a de l’eau et peut-être qu’on pourra passer à autre chose», a-t-il ajouté.

Une autre résidente d’Iqaluit, Katie Hughes, affirme aussi avoir senti une odeur de carburant dans l’eau au cours de la dernière semaine et demie.

«Je crois que la municipalité aurait dû faire les tests il y a deux semaines. C’est leur boulot d’assurer notre sécurité», déplore-t-elle.

Christine Karkow ne cache pas qu’elle était en colère lorsqu’elle a appris qu’il y avait possiblement un problème avec l’eau d’Iqaluit.

«Il y a eu beaucoup de tergiversations depuis environ une semaine au sujet de la salubrité de l’eau», dénonce Mme Karkow.

Des camions-citernes de la Ville pompaient l’eau de la rivière Sylvia-Grinnell tard mardi soir et tôt mercredi matin.

Les écoles ont été fermées mercredi de même que tous les bureaux gouvernementaux en raison du problème d’approvisionnement en eau.

Les deux commerces d’alimentation de la ville, Arctic Ventures et Northmart, ont rapidement épuisé leurs stocks d’eau embouteillée. Les stocks de récipients de plastique ont aussi été écoulés.

Comme partout dans les communautés du Nunavut, l’eau embouteillée se vend déjà à un prix exorbitant. Un emballage de 24 bouteilles de 500 ml se vend normalement 27,99 $ chez Northmart, soit cinq à six fois le prix au détail au sud.

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