Eau Secours est préoccupée par l’approbation du projet de mine de lithium Baie James

MONTRÉAL — Eau Secours et le Regroupement Vigilance Mines de l’Abitibi et du Témiscamingue (REVIMAT) se disent préoccupés par l’approbation du projet de mine de lithium Baie James par le gouvernement fédéral.

Les deux organismes s’inquiètent de la contamination de l’eau par l’arsenic que risque de produire la mine qui compte extraire 5 480 tonnes de minerai par jour pendant de 15 à 20 ans.

L’Agence d’évaluation d’impact du Canada a donné son feu vert lundi au projet de Galaxy Lithium de construire une mine sur le territoire traditionnel des Cris d’Eastmain, en bordure de la route de la Baie James, à 1100 kilomètres au nord de Montréal.

Eau Secours et le REVIMAT soulignent que selon l’étude d’impact environnemental du promoteur, il est prévu que la fosse laissée par Galaxy Lithium se remplisse graduellement d’une eau qui se chargera d’arsenic, après la durée de vie de la mine.

Les deux organismes craignent pour les cours d’eau situés dans le bassin versant du lac Akwakwatipusich, car le plan de restauration de Galaxy Lithium «ne prévoit aucune mesure concrète pour que la qualité de l’eau soit rétablie à son niveau d’origine».

«Le promoteur s’en remet plutôt à des hypothèses relatives au bilan hydrique» et à «des facteurs de dilution qui ne sont démontrées dans aucune modélisation approfondie» selon Eau Secours.

L’ organisme environnemental fait valoir que selon les estimations du promoteur, 60 ans après l’arrêt des opérations de la mine, les concentrations d’arsenic pourraient atteindre des niveaux environ deux fois supérieurs à la norme prescrite (0,1 mg/L) par le Règlement des effluents des mines de métaux et des mines de diamants (REMMMD), et «environ 40 fois supérieurs aux recommandations du Conseil canadien des ministres de l’Environnement (CCME) pour la protection de la vie aquatique en eau douce (0,005 mg/L).»

Eau Secours et le Regroupement Vigilance Mines de l’Abitibi et du Témiscamingue soutiennent que «le comité d’évaluation n’a que peu traité ces préoccupations».

Compensations jugées insuffisantes

Eau secours craint également que les «305 hectares de milieux humides qui seront détruits par le projet» seront inadéquatement compensés.».

Un plan de compensation pour les pertes de milieux humides est prévu par le promoteur et l’Agence d’impact du Canada souligne que celui-ci «devrait être conforme aux exigences du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) et serait élaboré en étroite collaboration avec le MELCCFP, le gouvernement de la Nation Crie et la Nation Crie d’Eastmain, dont certains membres se sont dits inquiets des effets du projet sur les milieux humides».

Selon la directrice générale d’Eau Secours, «ce type de projets destructeurs, se contentant du minimum pour répondre aux normes, ne répond pas aux critères de la transition verte», en faisant référence à l’utilisation du lithium dans la fabrication de véhicules électriques.

« Avec 305 hectares de milieux naturels détruits et une fosse qui se remplira d’eau contaminée en arsenic sur 120 ans pour ensuite se déverser dans les rivières voisines, voilà des exemples du prix à payer pour une soi-disant transition verte», a indiqué Rébecca Pétrin.

Espèces en périls

Selon l’Agence d’évaluation d’impact du Canada, au moins quatre espèces fauniques en péril appartenant aux mammifères ont été observées ou sont susceptibles de fréquenter le territoire : le caribou forestier, la petite chauve-souris brune, la chauve-souris nordique et le carcajou.

Mais le comité d’évaluation a conclu que «le projet, combiné aux projets passés, présents et raisonnablement prévisibles, n’est pas susceptible d’entrainer des effets environnementaux cumulatifs négatifs importants sur les poissons et leur habitat, les milieux humides, les oiseaux migrateurs et en péril, le caribou forestier et les chiroptères en péril».

Lors de la publication de la décision de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada lundi, le ministre de l’Environnement Steven Guilbault a déclaré qu’il s’agissait «d’un bon projet».

« Les minéraux critiques sont l’une des clés pour bâtir l’économie à faible émission de carbone du Canada et assurer la prospérité économique pour les années à venir. Nous ne pouvons exploiter ces ressources qu’en les concevant dès le départ avec de solides mesures d’atténuation pour protéger l’environnement et en travaillant en véritable partenariat avec les peuples autochtones. Notre avenir dépend de projets durables comme celui-ci », a déclaré le ministre.

Après la mine Whabouchi de Nemaska Lithium et le projet Rose lithium – tantale de Corporation Éléments Critique, la mine de lithium Baie James est la troisième mine de lithium à recevoir l’approbation du gouvernement fédéral dans la région Eeyou Istchee Baie-James.

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