Éclosions à la Cité de la Santé: le CIUSSS et le syndicat ne s’entendent pas

MONTRÉAL — Il n’y a aucun lien épidémiologique entre les six cas de COVID-19 parmi les employés de l’hôpital Cité de la Santé, de Laval, affirme le CIUSSS local.

Une porte-parole, Marie-Ève Despatie-Gagnon, a confirmé samedi que trois médecins des urgences et trois autres employés de l’hôpital avaient été déclarés positifs à la COVID-19.

Elle a ajouté que les six cas étaient attribuables à transmission communautaire et qu’il n’y avait pas d’éclosion dans la salle d’urgence de l’hôpital. Selon elle, aucun patient de l’urgence n’a attrapé la COVID-19 de l’un des employés.

Le taux de transmission communautaire à Laval est actuellement très élevé, convient-elle. 

Jeudi, date du plus récent bilan, on comptait 1944 cas actifs de COVID-19 à Laval, soit 439 pour 100 000 personnes, le taux le plus élevé au Québec.

À ce chapitre, le ratio provincial s’établissait jeudi à 262 cas actifs pour 100 000 habitants.

Jean-François Houle, un vice-président du Syndicat des travailleurs et travailleuses du CISSS Laval, met en doute la version du CIUSS.

«L’histoire selon laquelle il s’agit d’une transmission communautaire, je n’y crois pas du tout», a-t-il déclaré lors d’un entretien téléphonique samedi.

Selon lui, ce sont près de 70 patients de l’hôpital, sans compter ceux dans une «zone rouge» désignée pour les cas de COVID-19, qui ont contracté le virus.

M. Houle, qui est un infirmier de profession, ajoute qu’il y a des patients atteints de la COVID-19 à tous les étages de l’établissement et à l’urgence.

«S’il y a 12 patients sur un étage qui ont COVID-19, on ne peut pas dire que ce n’est pas une épidémie», lance-t-il.

Mme Despatie-Gagnon a indiqué par courriel que l’hôpital était frappé par deux éclosions. La première touche deux patients et de trois employés, tandis que l’autre concernait 10 patients et de quatre employés.

Une épidémie est définie comme au moins deux cas avec un lien épidémiologique entre eux, a-t-elle expliqué

M. Houle dit que les membres du syndicat craignent d’attraper le virus et de le transmettre à leurs familles.

Il déplore que les aides-soignants soient toujours déplacés entre les «zones vertes» et les «zones rouges» dans la salle d’urgence de l’hôpital et que les travailleurs ne portent toujours pas l’équipement approprié.

M. Houle signale que le syndicat avait demandé des masques N95 et que bien que l’autorité sanitaire en compte 400 000 dans un entrepôt, ils ne n’ont pas été distribués à ses membres.

Le CIUSSS suit les recommandations de l’institut national de santé publique du Québec pour la distribution d’équipements de protection individuelle, y compris les masques N95, a rétorqué Mme Despatie-Gagnon. Tous les travailleurs disposent de l’équipement recommandé, a-t-elle assuré.

M. Houle croit qu’il y a plus de cas parmi les travailleurs de la santé à Laval. Il a déclaré que 72 aides-soignants attendaient à eux seuls les résultats de leur test de dépistage. 

Environ 3000 travailleurs de la santé non symptomatiques sont testés pour la COVID-19 chaque semaine à Laval, a souligné Mme Despatie-Gagnon. Les employés de l’urgence de la Cité-de-la-Santé sont testés trois fois par semaine à titre préventif, une pratique qui se poursuivra jusqu’au 8 janvier.

Cette dépêche a été écrite avec l’aide financière des Bourses de Facebook et de La Presse Canadienne pour les Nouvelles.

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