Écrasement aux Îles:le BST n’a que peu de réponses pour l’instant

Les enquêteurs du Bureau de la sécurité des transports (BST) ont davantage de questions que de réponses alors que s’amorce à peine leur enquête sur l’écrasement d’avion survenu mardi dernier aux Îles-de-la-Madeleine.

En conférence de presse, vendredi matin, l’enquêteur André Turenne a précisé que les ailes de l’avion étaient presque à l’horizontale au moment de l’impact et que les moteurs fonctionnaient.

«On sait qu’il n’était pas sur un taux de descente important, a-t-il dit. Il était sur un vol assez horizontal et il y avait un peu de roulis à gauche, mais on veut justement prendre ces données qu’on a cumulées sur le terrain pour déterminer de façon exacte l’angle d’impact.»

La catastrophe a fait sept morts, dont le commentateur politique et ex-ministre Jean Lapierre. Son épouse, ses deux frères, une de ses soeurs de même que les deux membres d’équipage ont aussi péri.

Les données préliminaires font état d’une visibilité de 400 mètres, d’un plafond à 61 mètres et de rafales de vent atteignant 56 kilomètres à l’heure. L’autorisation d’atterrir est venue de la tour de contrôle de Moncton, au Nouveau-Brunswick, l’aéroport des Îles ne disposant pas de sa propre tour de contrôle, une situation sur laquelle le BST promet de se pencher.

«Si les installations et les services au vol étaient (…) un enjeu dans cet événement-là, on doit le mettre dans tout le contexte des facteurs qui ont pu contribuer à l’accident et si ça mène dans cette direction-là, le BST va faire les recommandations nécessaires», a affirmé M. Turenne.

Les enquêteurs savent qu’un dispositif de suivi GPS avec une capacité d’enregistrement des voix se trouve à bord de l’aéronef, mais celui-ci se trouve derrière le tableau d’instruments.

«Le dommage dans le tableau d’instrument ne nous permet pas d’avoir un accès sécuritaire pour éviter d’endommager le GPS, a dit l’enquêteur, faisant part de ses craintes quant à l’état dans lequel ce GPS pourrait se trouver.

«On ne peut pas garantir que toutes les données vont être disponibles sur cet équipement. Ce n’est pas un équipement qui est capable de prendre des impacts d’accident.»

Sur le terrain, pendant ce temps, l’examen du site de l’accident et la prise de photographies sont presque terminées. Les enquêteurs pourraient mener des entrevues supplémentaires auprès de certains témoins oculaires si elles s’avèrent nécessaires.

Un camion est attendu sur les lieux de l’écrasement vendredi afin d’entreprendre le transport vers Ottawa des restes de l’avion. Les éléments de fuselage seront découpés et placés dans des conteneurs fermés pour une reconstitution et une analyse en laboratoire, mais pas avant d’avoir pu documenter l’état du dessous de l’avion.

«Une fois que l’appareil est soulevé, on est capables de voir où il y a le plus d’impact (…) soit l’impact initial et, après, les dommages lorsque l’appareil glissait», a expliqué M. Turenne.

Cependant, la récupération de l’épave doit être réalisée avec prudence afin d’éviter tout déversement de carburant et Environnement Québec est sur place en soutien à cette opération. M. Turenne a dit s’attendre à ce que l’opération de récupération prenne environ deux jours, selon les conditions météorologiques sur place.

L’une des questions auxquelles les enquêteurs espèrent répondre grâce aux analyses en laboratoire est de savoir si l’appareil avait été aux prises avec des problèmes de givre avant l’écrasement.

M. Turenne a par ailleurs souligné que ce type d’avion, un Mitsubishi MU-2, a un historique d’accidents et que cette situation sera au nombre des éléments analysés par son équipe.

«Le MU2 a un historique d’appareil non sécuritaire. Mitsubishi a mis en place un système de reclassification et une formation spécifique (pour les pilotes). Ce sont des recommandations qu’il y a eu (à la suite) d’un nombre important d’accidents», a indiqué M. Turenne, tout en précisant que le pilote avait eu la formation nécessaire il y a un an et qu’il devait avoir une remise à niveau ce week-end.