Écrasement en Éthiopie: un Torontois qui a perdu sa famille témoigne au Congrès

Un homme de Toronto qui a perdu sa famille dans l’écrasement d’un Boeing 737 Max en Éthiopie a plaidé en faveur d’un processus d’approbation des avions plus rigoureux aux États-Unis et a prévenu que davantage de personnes mourraient si ce type d’avion était autorisé à voler à nouveau.

Paul Njoroge témoignait mercredi devant un comité du Congrès américain qui se penche sur la sécurité des avions dans la foulée de deux écrasements mortels impliquant l’avion le plus vendu de Boeing.

Il a avancé que le Boeing 737 Max — qui est actuellement cloué au sol — avait un défaut de conception dangereux que Boeing avait tenté de cacher.

Si les choses continuent ainsi, un autre avion s’écrasera, a-t-il prédit.

L’appareil d’Ethiopian Airlines, qui devait se rendre à Nairobi, s’est écrasé quelques minutes après le décollage près d’Addis-Abeba, le 10 mars, tuant les 157 personnes à bord. Dix-huit des victimes étaient canadiennes et plusieurs autres étaient des personnes d’autres nationalités qui vivaient au Canada.

L’accident est survenu cinq mois après l’écrasement d’un autre Boeing 737 Max au large des côtes indonésiennes.

M. Njoroge, qui est né au Kenya et qui vit maintenant à Toronto, était l’un des premiers représentants des familles éplorées à témoigner devant le Congrès. Il a perdu sa femme, son fils, ses deux filles et sa belle-mère.

«Je pense beaucoup à leurs six dernières minutes. Mon épouse et ma belle-mère savaient qu’elles allaient mourir. Elles ont dû réconforter les enfants au cours des derniers instants, a-t-il témoigné. J’aurais aimé être là avec eux.»

La famille de M. Njoroge, dont son fils de six ans Ryan, sa fillette de quatre ans Kelli et son bébé de neuf mois Rubi, devait se rendre au Kenya pour visiter de la famille.

«La chair de ma famille est là, en Éthiopie, mélangée à la terre (…) et à des morceaux de l’avion», a-t-il témoigné.

Plusieurs revendications des familles

M. Njoroge et d’autres membres des familles des passagers demandent une nouvelle évaluation exhaustive du Max, une nouvelle formation des pilotes et une réforme de l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA). Le régulateur américain avait certifié le Max et avait refusé de le clouer au sol après l’écrasement du mois d’octobre en Indonésie.

On ne sait toujours pas à quel moment l’avion pourra reprendre du service.

Boeing a créé un logiciel de contrôle de vol afin de réduire le risque de décrochage aérodynamique de l’appareil, mais selon certaines informations, c’est ce logiciel qui a fait piquer du nez les avions dans les deux écrasements. Boeing n’a parlé du logiciel aux pilotes qu’après le premier écrasement, en octobre.

M. Njoroge croit que l’entreprise a caché l’existence du logiciel pour dissimuler un défaut de conception. Selon lui, les hauts dirigeants de Boeing devraient démissionner et faire face à des poursuites criminelles pour l’accident en Éthiopie.

Le président et chef de la direction de Boeing, Dennis Muilenburg, s’est excusé plusieurs fois aux familles des passagers. Plus tôt ce mois-ci, Boeing a annoncé un investissement initial de 100 millions $ pour aider les familles des victimes.

M. Njoroge, qui fait partie des plaignants dans un ensemble de poursuites intentées contre la société, a déclaré qu’il n’avait pas reçu d’excuses personnelles. Il espère que les dirigeants de Boeing rencontreront les proches des victimes.

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