Écrasement en Iran: le ministre des Affaires étrangères admet que Téhéran a menti

DUBAI, Émirats arabes unis — Le ministre iranien des Affaires étrangères a reconnu mercredi que son gouvernement avait «menti» au peuple iranien pendant des jours, après l’écrasement d’un avion de ligne ukrainien, abattu par l’artillerie il y a une semaine.

Cet aveu survient alors que de nouvelles images de surveillance semblent montrer deux missiles sol-air, à 20 secondes d’intervalle, atteindre le Boeing, qui s’est écrasé ensuite près de Téhéran, tuant les 176 personnes à bord, dont 57 Canadiens.

La tragédie — et la réaction initiale de Téhéran, qui démentait qu’un missile avait abattu l’avion — a déclenché des manifestations de colère dans un pays déjà tendu alors que l’économie tente de survivre malgré de lourdes sanctions américaines.

Pendant des jours, Téhéran a soutenu qu’une panne technique avait provoqué l’écrasement du Boeing 737-800, un appareil âgé de trois ans et demi. Ce n’est que lorsque les gouvernements occidentaux, notamment le premier ministre canadien, Justin Trudeau, ont évoqué sérieusement la thèse du missile que Téhéran a finalement admis son erreur.

Dans des séquences télévisées diffusées mercredi, le général Amir Ali Hajizadeh, chef du programme aérospatial des Gardiens de la révolution, a soutenu que «pour le bien de la sécurité de notre pays», les autorités avaient d’abord décidé de réfuter la thèse du missile. «Si nous avions dit cela, notre système de défense aérienne serait devenu inutilisable et nos hommes auraient douté de tout», a-t-il déclaré.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, est devenu mercredi le premier responsable iranien à qualifier de «mensonge» les affirmations initiales de Téhéran. «Ces derniers soirs, nous avons vu des gens dans les rues de Téhéran manifester contre le fait qu’on leur avait menti pendant quelques jours», a déclaré M. Zarif, lors d’un sommet à New Delhi.

Le ministre a par ailleurs salué l’armée iranienne pour avoir «eu le courage de revendiquer sa responsabilité dès le début». Il a toutefois déclaré que le président Hassan Rohani et lui-même avaient appris seulement vendredi qu’un missile iranien avait abattu l’avion, ce qui soulève de nouvelles questions sur le pouvoir du gouvernement civil iranien dans cette théocratie chiite. Car le corps des Gardiens de la révolution savait dès le départ qu’un missile avait abattu le Boeing ukrainien.

Les Gardiens de la révolution n’ont de comptes à rendre qu’au guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei, qui devrait présider la grande prière du vendredi en Iran pour la première fois depuis des années, à cause de la colère suscitée par l’écrasement, qui a fait 82 victimes chez les Iraniens.

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