EDC regrette d’avoir prêté 41 M $ US à un client sud-africain de Bombardier

OTTAWA — Exportation et développement Canada (EDC) regrette d’avoir prêté 41 millions $ US à une entreprise sud-africaine détenue par des membres d’une famille liée à l’ancien président Jacob Zuma, afin d’acheter un avion d’affaires de Bombardier.

Carl Burlock, vice-président directeur et chef de la direction des affaires commerciales d’EDC, a admis mercredi que dans les mois et les années qui ont suivi l’octroi du prêt en 2015, l’agence fédérale était de plus en plus préoccupée par le soutien accordé à Westdawn Investments afin de faciliter la vente d’un avion d’affaires Global 6000 de Bombardier.

EDC aide les entreprises canadiennes à profiter de débouchés offerts sur le marché international, en offrant des solutions de financement aux exportateurs et investisseurs canadiens et à leurs acheteurs étrangers.

Après l’octroi du prêt en 2015, a souligné M. Burlock dans un communiqué, «les allégations de corruption et d’ingérence politique auprès de l’administration de Jacob Zuma, alors président de l’Afrique du Sud, se sont multipliées contre la famille Gupta», à laquelle appartient la société Westdawn Investments.

«Au cours des deux dernières années, le prêt d’EDC à Westdawn a attiré l’attention du grand public — et pour cause», écrit M. Burlock à propos de cette affaire qui avait d’abord été mise au jour par le quotidien «The Globe and Mail» en août 2017. «EDC a suivi l’affaire de près et, tout comme la population, y a porté une attention grandissante au fil des révélations.»

Le «Globe and Mail» écrivait que ce prêt de 41 millions $ US avait permis à la riche famille Gupta, étroitement liée au président Zuma, d’acheter à Bombardier un avion Global 6000 d’une valeur de 52 millions $. Selon le quotidien, les informations étaient contenues dans des courriels obtenus par deux unités sud-africaines de journalisme d’enquête.

De constantes allégations de corruption

Jacob Zuma a démissionné de son poste de président de l’Afrique du Sud en 2018 après un mandat de près de dix ans marqué par de constantes allégations de corruption.

Selon M. Burlock, EDC a mis fin à ses relations commerciales avec Westdawn à la fin de 2017. Cette société a alors déposé une poursuite au Royaume-Uni contre EDC pour contester la résiliation de la transaction. Ce litige est toujours devant les tribunaux.

M. Burlock explique que la décision de l’agence de soutenir l’achat était conforme aux engagements internationaux de l’époque auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques et qu’elle s’appuyait sur le fait qu’il n’y avait pas d’accusations formelles ni d’enquêtes en cours liées aux allégations de corruption en Afrique du Sud. Mais il admet que son agence avait «bel et bien constaté des risques lors (du) contrôle préalable».

«Bien qu’ils aient effectivement mis au jour des risques d’ingérence politique, nos processus ne comportaient pas un examen approfondi des risques liés aux personnes politiquement vulnérables», soutient le vice-président Burlock. «Par conséquent, EDC est allée de l’avant avec la transaction et admet que c’était une erreur.»

M. Burlock estime qu’EDC a tiré «des enseignements précieux» de ce «faux pas». Il soutient que l’agence a maintenant intégré à son processus de contrôle préalable les risques liés à l’ingérence politique.

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