Jeux de 2026: le maire de Calgary croit qu’il peut faire tourner le vent

CALGARY — Jusqu’à maintenant, les détracteurs gagnent le débat sur la pertinence de présenter les Jeux olympiques d’hiver de 2026 à Calgary, reconnaît le maire Naheed Nenshi. Toutefois, celui-ci croit qu’il est encore temps de faire changer le discours avant la tenue d’une consultatation publique mardi prochain.

Les propos de Nenshi, lundi, sont venus couronner un rassemblement en faveur de la candidature de Calgary marqué par un défilé d’Olympiens et un déluge de nostalgie liée à la tenue des Jeux dans la ville albertaine en 1988.

Le spécialiste en saut à skis britannique Michael Edwards — mieux connu sous le nom d’Eddie «l’aigle» — et les mascottes 1988 Hidy et Howdy y étaient.

Le sprinter médaillé d’or Donovan Bailey et la hockeyeuse Cassie Campbell-Pascall, multi-médaillée, ont parlé de l’importance de renouveler les équipements sportifs de la ville.

Selon Nenshi, le «camp du oui» est en voie de perdre le référendum s’il ne parvient pas à livrer son message.

«Ce pouvoir est entre nos mains», a lancé Nenshi, un foulard d’Équipe Canada couvrant ses épaules.

«Pour le meilleur ou pour le pire, nous avons permis aux détracteurs de contrôler le message. Si vous regardez les médias sociaux, vous allez probablement penser que 100 pour cent de Calgary est contre les Olympiques. Si vous écoutez les voix les plus fortes, qu’elles viennent de politiciens ou de clients du Tim Hortons, vous pourriez penser que tout le monde déteste les Olympiques. Mais ce n’est pas vrai.»

La semaine dernière, la candidature semblait presque morte alors que les gouvernements fédéral, provincial et municipal ne parvenaient pas à s’entendre sur le partage des coûts.

Nenshi a qualifié cette semaine de plus «immonde» de sa carrière politique. Toutefois a-t-il ajouté, elle a mené à une très bonne entente.

«Ce que nous avons, hors de tout doute, est une candidature remarquable et une entente remarquable pour Calgary. Et il faut le dire à nos amis et à nos voisins.»

Un groupe communautaire composé de trois membres, sans soutien financier publicitaire, tente de faire passer son message anti-candidature, mais ne dispose pas des mêmes moyens.

«Notre groupe ‘No Calgary Olympics’ s’est toujours efforcé de poser les bonnes questions et désire que les résidents de Calgary aient une discussion approfondie quant à savoir si l’organisation des Jeux olympiques est la bonne chose à faire pour Calgary maintenant», a déclaré la porte-parole Erin Waite.

Les préoccupations du groupe incluent le coût de l’événement, la transparence et l’éthique du Comité international olympique et ce qu’il considère comme des lacunes dans le processus de candidature.

S’opposer à une candidature olympique n’est pas un affront contre Calgary, a laissé entendre Waite.

«Nous ne doutons pas de l’initiative, de la capacité ou de l’enthousiasme de Calgary à se lancer dans de grands projets, a-t-elle déclaré. La question est de savoir si c’est le bon projet maintenant et ce qu’on ne pourra pas faire parce qu’on choisit les Olympiques?»

Elle a évoqué la nouvelle bibliothèque centrale de 245 millions $ de Calgary, ouverte en grande pompe la semaine dernière.

«Si cela figurait dans les livres d’aujourd’hui, nous aurions à choisir entre les Jeux olympiques et la construction d’un magnifique bâtiment, comme notre nouvelle bibliothèque, accessible à tous.»

Le coût de l’organisation des Jeux olympiques a été estimé à 5,1 milliards $. La province a annoncé qu’elle injecterait 700 millions $ de ce montant et qu’Ottawa couvrirait 1,4 milliard $. La ville a été invitée à verser 390 millions $, dont 20 millions $ pour une police d’assurance de 200 millions $ contre les dépassements de coûts.

Le reste du budget devrait provenir de la vente de billets et d’autres revenus.

Stacy Lorenz, un professeur à l’Université de l’Alberta qui étudie la sociologie et l’histoire des sports, dit ne pas être surpris que les gens favorables à la candidature de Calgary se tournent vers le glorieux passé olympique.

«Ils vont devoir utiliser la fierté civique et l’identité nationale parce que si vous portez attention à l’aspect économique, ça ne convaincra pas les gens à soutenir la candidature.»

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