Égalité hommes-femmes: des valeurs qui s’opposent à des perceptions tenaces

WASHINGTON — Le soutien canadien au principe de l’égalité des droits pour les femmes et les hommes est parmi les plus élevés au monde — mais dans la pratique, des attitudes archaïques à l’égard des rôles attribués à chaque sexe sont toujours bien vivantes au pays et dans le monde, selon une nouvelle enquête.

Les répondants au sondage international du Pew Research Center, publié jeudi, ont exprimé un soutien écrasant au concept de l’égalité des genres — 93 % des Canadiens interrogés l’ont qualifiée de «très importante», tout juste derrière la Suède avec 96 %.

Dans la pratique, cependant, l’enquête a révélé un écart important entre les hommes et les femmes lorsqu’on leur demande qui jouit d’une meilleure qualité de vie au Canada: 69 % des femmes au Canada ont déclaré que les hommes ont une meilleure qualité de vie, comparativement à 49 % des hommes canadiens qui ont affirmé la même chose.

«Il est vrai, je pense, que les gens au Canada considèrent vraiment comme très important que les hommes et les femmes aient des droits égaux. Et ils sont un peu plus optimistes que d’autres pays de voir un jour les femmes avoir les mêmes droits que les hommes», a déclaré une chercheuse associée du Pew Research, Janell Fetterolf.

«En même temps, les gens reconnaissent que ce n’est pas nécessairement le cas maintenant dans certaines de ces situations.»

Un nombre surprenant de 11 % des Canadiens ont déclaré que les hommes devraient avoir davantage droit à un emploi que les femmes lorsque le travail est rare, contre 88 % qui n’étaient pas d’accord. Aux États-Unis, le ratio était similaire: 13 % étaient d’accord avec la priorité pour les hommes, contre 85 % qui ne l’étaient pas.

Ailleurs dans le monde, la majorité des personnes interrogées dans des pays comme l’Inde, la Tunisie et le Nigéria ont partagé un sentiment inverse, faisant baisser la médiane de 34 pays à 56 % de tous les répondants qui préfèrent que les hommes aient un accès plus facile aux emplois lorsqu’ils sont rares, contre 40 % qui ne sont pas d’accord.

Les résultats suggèrent que la question de l’égalité, tout comme les préoccupations environnementales au cours des 20 dernières années, ont eu tendance à attirer un niveau de soutien public qui peut soudainement disparaître lorsque le bien-être économique des gens est menacé.

«Cette question, en particulier sur le contexte spécifique de la rareté de l’emploi, nous donne un aperçu très intéressant de ce que les gens pensent», a souligné Mme Fetterolf.

«L’égalité des sexes est quelque chose que les gens ressentent très fortement et considèrent comme important, mais il est toujours vrai qu’il y a des situations où les gens préfèrent qu’il y ait des inégalités.»

Le sondage a été mené en 2019 dans le cadre de l’enquête annuelle Global Attitudes Survey du Pew Research Center, dont les résultats sont publiés graduellement au cours de l’année suivante. Les entrevues auprès de 1004 adultes au Canada ont été menées par téléphone entre le 27 mai et le 10 juillet de l’année dernière, et la portion canadienne comporte une marge d’erreur de plus ou moins quatre points de pourcentage.

Environ les deux tiers des répondants au Canada ont déclaré que les hommes ont davantage accès à des emplois bien rémunérés, tandis que seulement 2 % ont dit la même chose des femmes. Trente et un pour cent ont déclaré que les chances pour les deux sexes sont à peu près égales.

Seulement 43 pour cent ont déclaré que les hommes avaient plus de possibilités d’être des leaders dans leur communauté; 54 % ont jugé que c’était à peu près égal pour les deux sexes, tandis que 3 % ont indiqué que les femmes étaient avantagées.

La recherche montre également que certains répondants au Canada s’accrochent toujours à des perceptions de longue date concernant les rôles attribués à chaque genre: 22 % ont dit que les hommes ont plus d’influence sur les décisions financières du ménage, comparativement à 11 % qui ont dit que les femmes contrôlent les cordons de la bourse. Soixante-quatre pour cent ont déclaré que c’était égal.

Les femmes exercent un plus grand contrôle sur les décisions relatives à l’éducation des enfants, selon 37 % des Canadiens, contre seulement 3 % qui disent la même chose des hommes. Cinquante-huit pour cent n’ont favorisé ni l’un ni l’autre des sexes.

Les trois quarts des Canadiens interrogés ont déclaré que les mariages sont plus satisfaisants lorsque les deux partenaires travaillent et partagent les tâches ménagères, comparativement à 15 % qui préféraient voir le mari subvenir aux besoins de la famille et l’épouse demeurer à la maison avec les enfants.

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