Le résultat se fait encore attendre

Joe Biden a pour l’instant remporté 225 votes de grands électeurs, contre 213 pour Donald Trump. Ce dernier a proclamé sa victoire dans des États où le décompte est toujours en cours, remis en doute l’intégrité du vote et confirmé son intention de se tourner vers la Cour suprême.

WASHINGTON — Le candidat démocrate Joe Biden devançait le président Donald Trump au collège électoral vers 2 h 30, dans la nuit de mardi à mercredi.

M. Biden avait remporté 225 votes de grands électeurs, contre 213 pour Donald Trump. Il en faut 270 pour gagner les élections.

M. Trump a raflé la Floride, le plus prisé des États clés, dont dépendent ses espoirs de réélection. Il a également décroché le Texas, l’Ohio et l’Iowa, tandis que les gains plus modestes du Minnesota et du New Hampshire sont allés à M. Biden.

Les courses étaient encore trop serrées dans d’autres États chaudement disputés.

M. Biden s’est brièvement adressé à ses partisans réunis dans le Delaware afin de lancer un appel à la patience. L’élection «n’est pas terminée jusqu’à ce que chaque vote soit compté», a-t-il avancé.

«Ce n’est pas à moi ou à Donald Trump de déclarer le vainqueur de cette élection, a-t-il martelé. C’est aux électeurs.»

Donald Trump a ensuite pris la parole à Washington pour proclamer sa victoire dans des États toujours en jeu. Il a remis en doute l’intégrité du vote et confirmé son intention de se tourner vers la Cour suprême.

«Nous allons gagner. En ce qui me concerne, nous avons déjà gagné», a-t-il déclaré.

M. Biden a notamment remporté Hawaï, la Californie, l’Oregon, l’État de Washington, le Connecticut, le Delaware, l’Illinois, le Maryland, le Massachusetts, le New Jersey et New York, tandis que Donald Trump s’est démarqué au Texas, au Montana, dans l’Idaho, en Indiana, en Arkansas, en Alabama, au Mississippi, en Oklahoma et au Tennessee.

L’ancien vice-président a aussi remporté le Rhode Island, le Nouveau-Mexique, le District de Columbia et le Colorado.

Le président Trump a également gagné l’Utah, le Missouri, le Kansas, la Louisiane, le Nebraska, le Dakota du Nord, le Dakota du Sud et le Wyoming.

Plus de mille manifestants anti-Trump ont convergé vers la place Black Lives Matter, à proximité de la Maison-Blanche, tard mardi, tandis que des centaines d’autres sont descendus dans les rues du centre-ville de Washington, bloquant parfois la circulation.

D’autres rassemblements ont également eu lieu de Seattle jusqu’à New York, mais aucun signe d’agitation n’a été rapporté dans les heures qui ont suivi la fermeture des bureaux de vote, malgré l’issue incertaine du scrutin.

Au terme d’une campagne acrimonieuse et en pleine pandémie, les électeurs ont été nombreux à vouloir s’exprimer pour les élections.

Quelque 102 millions d’Américains ont voté avant le jour du scrutin, soit environ 73 % des 139 millions de votes émis lors de l’élection présidentielle de 2016, selon les données recueillies par l’Associated Press. Étant donné que quelques États, dont le Texas, ont déjà dépassé leur nombre total de votes en 2016, les experts prévoyaient un taux de participation record cette année.

Joe Biden pourrait gagner la Maison-Blanche de plusieurs manières, alors que le chemin de la victoire de son adversaire républicain est plus étroit, mais toujours faisable pour remporter les 270 votes du collège électoral.

Le contrôle du Sénat est également en jeu: si M. Biden est élu président, les démocrates doivent remporter trois sièges pour contrôler entièrement Washington pour la première fois en une décennie. La Chambre devait rester sous contrôle des démocrates.

Une crise sans précédent à gérer

Quiconque gagne devra faire face à une nation anxieuse, ébranlée par une crise de santé publique inédite depuis un siècle, qui a fermé les écoles et les entreprises et qui s’aggrave à mesure que le temps se refroidit.

La campagne a été en grande partie un référendum sur la gestion de la pandémie par l’administration Trump. M. Trump a insisté sur le fait que les États-Unis prenaient un «tournant» quant au virus. Mais la docteure Deborah Birx, la coordinatrice du groupe de travail sur le coronavirus de la Maison-Blanche, a contredit le président et a sonné l’alarme sur la nouvelle montée des infections à l’instar de nombreux scientifiques de l’administration Trump.

«Nous entrons dans la phase la plus préoccupante et la plus meurtrière de cette pandémie», a écrit la docteure Birx dans une note distribuée aux hauts responsables de l’administration. Elle a ajouté que la nation ne mettait pas en œuvre les mesures «équilibrées» nécessaires pour ralentir la propagation du virus.

Voter en temps de pandémie

Dans les mois qui ont précédé le jour du scrutin, les responsables électoraux ont dû affronter une pandémie qui a infecté plus de 9 millions d’Américains et tué plus de 231 000 d’entre eux. Ils ont donc été forcés d’apporter des changements systémiques, principalement sans argent fédéral.

La désinformation sur les procédures électorales, des inquiétudes concernant de possibles affrontements aux urnes et des informations au sujet du ralentissement du courrier ont également assombri la période précédant le jour du scrutin.

«Les yeux du public américain et du monde entier sont tournés vers les responsables électoraux alors que nous tenons des élections libres et équitables pendant cette période sans précédent», a déclaré la secrétaire d’État du Nouveau-Mexique, Maggie Toulouse Oliver, qui est également présidente de l’Association nationale des secrétaires d’État. «Rassurez-vous, nous sommes prêts. Nous nous sommes coordonnés avec tous les paliers de gouvernement et sommes en communication constante pour assurer le bon déroulement des élections.»

Le groupe a travaillé avec l’Association nationale des directeurs électoraux d’États pour aider les États à élaborer des plans de protection contre les cyberattaques étrangères et nationales, à lutter contre la désinformation et à renforcer une infrastructure électorale éprouvée par un vote anticipé massif et la prise de précautions en raison de la pandémie.

Les responsables de quelque 10 000 districts électoraux se sont précipités pour acheter des équipements de protection individuelle, trouver des bureaux de vote plus grands, remplacer les travailleurs au scrutin qui ont choisi de ne pas participer aux élections cette année en raison de problèmes de santé et ajouter des employés temporaires pour faire face à l’avalanche de bulletins de vote par correspondance.

La plupart des États, même ceux dotés de directives plus serrées sur le port du masque, ne sont pas allés jusqu’à forcer les électeurs à le porter pour aller voter. Ils ont plutôt demandé aux électeurs à porter des masques tout en offrant des options à ceux qui refusaient.

Compte tenu des changements de dernière minute et de la nature décentralisée des élections américaines, des problèmes étaient attendus. Chaque élection, de l’équipement brise, des bureaux de vote ouvrent tard et les files d’attente peuvent être longues, en particulier dans les zones urbaines.

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