Élections 2018: le Bloc québécois se console de la défaite du Parti québécois

OTTAWA — Le Bloc québécois trouve une consolation dans les éléments identitaires du discours de la Coalition avenir Québec (CAQ), alors que le Parti québécois, son allié naturel, a connu une défaite historique lundi soir.

Le chef bloquiste par intérim Mario Beaulieu se réjouissait, mardi après-midi, de retrouver bientôt un «gouvernement québécois qui va revenir à des revendications plus pour la nation québécoise».

«Le Bloc québécois, c’est le seul parti qui peut vraiment défendre les priorités du Québec sans compromis — les revendications que ça soit en termes d’immigration, de laïcité de l’État, d’aller chercher plus de pouvoirs à Ottawa, c’est ce qu’on fait depuis 25 ans, puis on va continuer à défendre les consensus québécois», a-t-il affirmé.

Le chef caquiste François Legault a promis en campagne électorale de diminuer le nombre d’immigrants et d’expulser ceux qui échoueraient à des tests de valeurs et de français. Il a adouci sa position sur l’expulsion des immigrants en cours de campagne et a affirmé mardi qu’il allait «poser des gestes dans les prochains mois pour montrer un Québec qui est inclusif».

La Coalition avenir Québec (CAQ) a remporté une écrasante majorité de sièges à l’Assemblée nationale lundi tandis que le Parti québécois a été relégué au quatrième rang, perdant même son statut de parti reconnu. Il a été devancé par Québec solidaire qui est allé chercher une portion du vote souverainiste.

Optimiste, Mario Beaulieu note que 33 pour cent des électeurs ont voté pour des partis «ouvertement indépendantistes».

«Puis, je suis convaincu qu’il y a beaucoup d’indépendantistes qui ont voté pour la CAQ parce qu’ils voulaient vraiment un changement, a-t-il ajouté. Ils ne voulaient prendre aucune chance et se débarrasser du gouvernement libéral.»

Le Bloc québécois a entamé une refondation à l’issue de la longue crise qui l’a secoué au cours des derniers mois. Il tentera de rallier tous les indépendantistes qu’ils soient solidaires ou péquistes.

Ce processus est perçu à l’interne comme un banc d’essai pour la convergence des forces souverainistes.

Les militants manqueront-ils d’énergie pour reconstruire deux partis, le Bloc québécois et le Parti québécois, au même moment, a demandé une journaliste.

«Je pense qu’on peut mâcher de la gomme et marcher en même temps, a répondu M. Beaulieu. Le processus de refondation arrive à point nommé pour justement établir une nouvelle unité des forces à Ottawa.»

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