Élections: le démocrate Joe Biden s’approche de la Maison-Blanche

Le Wisconsin, le Michigan et la Pennsylvanie seront essentiels à Joe Biden s’il veut remporter l’élection présidentielle.

WASHINGTON — Le suspense dure toujours aux États-Unis, plus de 24 heures après la fermeture des bureaux de vote, mais le démocrate Joe Biden s’approche d’une majorité d’appuis des grands électeurs, ce qui lui permettrait de chasser Donald Trump de la Maison-Blanche.

Après une journée complète de dépouillement des bulletins de vote, mercredi, aucun des deux candidats à la présidentielle n’avait encore obtenu une majorité d’au moins 270 voix du collège électoral, un prérequis pour accéder à la Maison-Blanche.

M. Biden avait toutefois ajouté deux autres États clés à sa liste d’appuis avec le Wisconsin et le Michigan, rebâtissant ainsi une partie du »mur bleu » qu’avaient perdu les démocrates il y a quatre ans.

Joe Biden avait déjà obtenu la faveur de plus de 71 millions d’électeurs lorsqu’il a été rejoint par sa colistière Kamala Harris en conférence de presse mercredi après-midi, où il disait déjà s’attendre à remporter l’élection présidentielle, sans toutefois se déclarer vainqueur.

«Je vais gouverner comme un président américain», a affirmé M. Biden dans un appel à l’unité.

«Il n’y aura plus des États rouges et des États bleus lorsque nous gagnerons, seulement les États-Unis», a-t-il déclaré.

L’équipe de campagne de Donald Trump était passée à l’attaque, mercredi, en annonçant plusieurs recours judiciaires pour interrompre le dépouillement au Michigan et en Pennsylvanie. Elle a aussi réclamé un second dépouillement au Wisconsin. 

La course demeurait serrée en Pennsylvanie, où M. Trump détenait une courte avance. Les résultats finaux en Géorgie et en Caroline du Nord sont aussi attendus.

Le scrutin se déroulait dans le contexte sans précédent d’une pandémie qui a tué plus de 230 000 Américains et fait disparaître des millions d’emplois. Les deux candidats ont passé les derniers mois à présenter des versions radicalement différentes de l’avenir du pays et les électeurs ont répondu en grands nombres, plus de 100 millions d’entre eux ayant voté par anticipation ou par correspondance.

Trump crie victoire

Le président Trump avait surpris tout le monde la nuit précédente en déclarant prématurément des victoires dans plusieurs États clés et en annonçant qu’il porterait l’élection à la Cour suprême pour arrêter le décompte. Il n’a pas précisé exactement vers quel type d’action en justice il pourrait se tourner.

Le décompte des votes se poursuit régulièrement au-delà du jour du scrutin, et les États fixent en grande partie les règles concernant la fin du décompte.

Lors des élections présidentielles, un point clé est la date de décembre où les grands électeurs seront réunis. Cette date est fixée par la loi fédérale.

Plusieurs États permettent que des votes postés soient acceptés après le jour du scrutin, à condition qu’ils aient été oblitérés avant mardi. Cela inclut la Pennsylvanie, où les bulletins de vote portant un cachet de la poste daté du 3 novembre au plus tard pourront être acceptés s’ils arrivent jusqu’à trois jours après l’élection.

Les Américains divisés

L’élection serrée reflète une nation profondément divisée, qui lutte pour répondre à la pire crise sanitaire depuis plus d’un siècle, avec des millions d’emplois perdus et de lourdes tensions devant l’injustice raciale.

M. Trump a conservé plusieurs États, dont le Texas, l’Iowa et l’Ohio, où M. Biden a mis beaucoup d’efforts dans les dernières étapes de la campagne. Mais M. Biden a également remporté des États dans lesquels M. Trump espérait une victoire, notamment le New Hampshire, mais la Floride était l’État le plus férocement disputé sur la carte, et les 29 votes du collège électoral sont allés à M. Trump.

Le président a adopté la Floride comme nouvel État d’appartenance, a courtisé sa communauté latino-américaine, en particulier les Cubano-Américains, et y a organisé plusieurs rassemblements. Pour sa part, M. Biden a déployé son principal allié — le président Barack Obama — en Floride à deux reprises dans les derniers jours de la campagne et a bénéficié d’une aide de 100 millions $ pour conquérir l’État de la part de Michael Bloomberg.

Une crise sans précédent à gérer

Le vainqueur devra maintenant faire face à une nation anxieuse, ébranlée par une crise de santé publique inédite depuis un siècle, qui a fermé les écoles et les entreprises et qui s’aggrave à mesure que le temps se refroidit.

La campagne a été en grande partie un référendum sur la gestion de la pandémie par l’administration Trump. M. Trump a insisté sur le fait que les États-Unis prenaient un «tournant» quant au virus. Mais la docteure Deborah Birx, la coordinatrice du groupe de travail sur le coronavirus de la Maison-Blanche, a contredit le président et a sonné l’alarme sur la nouvelle montée des infections à l’instar de nombreux scientifiques de l’administration Trump.

«Nous entrons dans la phase la plus préoccupante et la plus meurtrière de cette pandémie», a écrit la docteure Birx dans une note distribuée aux hauts responsables de l’administration. Elle a ajouté que la nation ne mettait pas en œuvre les mesures «équilibrées» nécessaires pour ralentir la propagation du virus.

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