Élections municipales: plusieurs surprises et deux femmes pionnières

La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, deviendra la 45e mairesse de la métropole, la première femme à occuper ce poste.

Valerie Plante
Photo: La Presse canadienne/Graham Hughes

MONTRÉAL — Les résultats des élections municipales ont donné lieu à quelques surprises, dimanche soir, dont à Montréal, où, contre toute attente, la chef de Projet Montréal Valérie Plante deviendra la 45e mairesse de la métropole, la première femme à occuper ce poste, «un grand privilège», a-t-elle dit.

Dès le dépouillement des premiers résultats, le maire sortant de Montréal, Denis Coderre, semblait avoir de la difficulté à reprendre le dessus sur son opposante.

Selon les derniers résultats, Valérie Plante était en tête avec plus de 51 pour cent du vote, contre un peu plus de 45 pour cent pour M. Coderre.

«On est rendus là!», a-t-elle lancé en criant de joie à ses partisans en liesse.

Lors d’un discours en fin de soirée, Denis Coderre a concédé la victoire et a annoncé son départ de la vie politique municipale.

«Je pars la tête haute. Montréal est une ville exceptionnelle. Montréal est une métropole qui fait l’envie du monde», a-t-il déclaré.

Une autre femme a réussi une grande première, dimanche. Josée Néron deviendra la première mairesse de Saguenay, ville qui était dirigée par Jean Tremblay depuis les fusions, en 2001.

Mme Néron, une comptable de formation, était la chef de l’opposition à l’hôtel de ville et était conseillère du secteur de Chicoutimi depuis quatre ans. Elle faisait face notamment à l’ancien ministre fédéral Jean-Pierre Blackburn, qui a fini deuxième. Le dauphin de Jean Tremblay, Dominic Gagnon, était quatrième.

Autre surprise: à Sherbrooke, le maire sortant Bernard Sévigny a mordu la poussière contre le candidat indépendant Steve Lussier. M. Lussier, un conseiller en prêts hypothécaires, a gagné la mairie avec plus de 43 pour cent des voix. Bernard Sévigny s’était fait connaître à l’échelle de la province à titre de président de l’Union des municipalités (UMQ).

Des élections attendues

De façon moins surprenante, Régis Labeaume a été réélu maire de Québec pour la quatrième fois depuis 2007, récoltant plus de 55 pour cent du vote — ce qui est tout de même moins que les 74 pour cent qu’il avait reçus quatre ans plus tôt.

M. Labeaume se présentait contre Anne Guérette et Jean-François Gosselin, un nouveau venu en politique municipale. Les deux rivaux du maire pourront avoir leur place au conseil municipal puisque leur colistier respectif a été élu.

Comme prévu, son voisin au sud, le maire sortant de Lévis Gilles Lehouillier a remporté un deuxième mandat avec une majorité écrasante — plus de 92 pour cent des voix contre l’indépendant André Voyer.

À Gatineau, le maire sortant Maxime Pedneaud-Jobin a remporté un deuxième mandat avec près de 45 pour cent du vote contre l’ancien conseiller Denis Tassé.

À Trois-Rivières, le maire sortant Yves Lévesque a remporté un cinquième mandat avec plus de 51 pour cent des voix. L’ancien conseiller Jean-François Aubin, qui était en avance au départ, s’est fait dépasser par M. Lévesque, qui jouissait d’un haut taux de popularité, selon les sondages.

De retour plus au sud du Québec, le maire de Laval, Marc Demers, se dirige vers un deuxième mandat malgré les nombreux candidats qui s’étaient présentés contre lui. M. Demers était le premier maire qui a dirigé la ville au nord de Montréal après le règne controversé du maire Gilles Vaillancourt.

En banlieue sud de Montréal, le maire sortant de Brossard Paul Leduc se classait deuxième dans la course selon les derniers résultats, se faisant dépasser par l’ex-conseillère municipale Doreen Assad, deuxième mairesse de la ville après Georgette Lepage dans les années 1980.

À Longueuil, l’ex-conseillère Sylvie Parent a gagné en dépassant son adversaire Josée Latendresse par seulement 118 voix. Les deux candidates sont d’anciennes collègues qui étaient conseillères de la mairesse sortante, Caroline St-Hilaire, qui a appuyé Mme Parent.

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3 commentaires
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J’aimerais apporter une petite rectification à ce texte. Il est, relativement à l’élection de Longueuil, écrit ceci : « Caroline St-Hilaire [l’ancienne mairesse qui ne se représentait pas], qui a appuyé Mme Parent ».

Madame Saint-Hilaire n’a pas appuyé une candidate plutôt qu’une autre. Elle a choisi de conserver une stricte neutralité dans les débats pour se consacrer uniquement à ses responsabilités tant au niveau de la ville que de l’agglomération jusqu’au terme de son mandat.

Madame Parent a reçu l’investiture du Parti Action Longueuil suite à un vote très serré de ses membres. Déçue lors de ce vote d’investiture d’avoir été battue par madame Parent de quelques dizaines de voix ; madame Latendresse a décidé de claquer la porte d’Action Longueuil avec fracas, emportant avec elle une majorité de conseillers municipaux pour former un nouveau parti : Longueuil Citoyen. Son parti a d’ailleurs gagné l’élection, puisqu’il sera largement majoritaire au Conseil municipal.

Malheureusement pour madame Latendresse, elle aura cette fois pour la mairie, encore une fois de plus été battue par madame Parent ; puisqu’en toute fin, un peu plus d’électeurs lui ont préféré cette dernière.

Rien n’est totalement perdu pourtant, le parti de madame Josée Latendresse (Longueuil Citoyen) a demandé le recomptage des votes.

Si madame St-Hilaire avait apporté un soutien explicite à madame Parent et pris clairement position en faveur des candidats de son ancien parti, il est possible de considérer que madame Parent et les candidats conseillers auraient obtenu un bien meilleur score. Puisque sur le terrain, l’astuce de Longueuil Citoyen a toujours été de se présenter comme les véritables héritiers de madame St-Hilaire, laquelle n’a jamais ni vraiment démenti, ni officiellement infirmé.

C’est d’ailleurs madame St-Hilaire qui avait amené madame Latendresse dans l’arène municipale.

Alors madame Sylvie Parent ne doit sa courte victoire qu’à elle-même, aux électeurs qui ont choisi de lui accorder confiance et pas aux appuis de madame St-Hilaire, comme cet article de La Presse canadienne nous laissait à présumer. À cause de cette scission partisane, elle a dû travailler encore plus fort, sans attaquer ses rivales, pour se mériter dignement une grande partie du vote populaire. — Évidemment, quand on est sur place… on voit les choses autrement….

Je tremble pour Montréal car les fous se sont emparés de l’asile.

Avec la plateauïsation de la métropole, Montréal deviendra-t-elle le Val-Jalbert du Québec? Sera-t-elle décotée?

Trève de plaisanterie…mais il demeure que Montréal est tombée dans l’escarcelle des bolcheviques de QS et que ce n’est pas de bon augure pour la ville.

Je souhaite bonne chance à notre nouvelle mairesse en espérant qu’elle saura tenir son mari, économiste d’extrême gauche (ça existe???) loin, très loin des décisions qu’elle aura à prendre.

Si Denis Coderre a perdu, il n’a que lui à blâmer, car il semblait croire que l’élection était dans la poche avant même qu’elle débute. De fait, on pourrait fort bien établir un parallèle entre l’élection municipale de 2017 à Montréal et la célèbre fable de La Fontaine « Le lièvre (Coderre) et la tortue (Plante) ».

Quant à Mme Plante, eh bien donnons la chance à la coureuse avant de critiquer. C’est bien la moindre des choses…