Élèves en difficulté: Québec lance le recrutement des tuteurs

QUÉBEC — L’aide aux écoles s’organise lentement: le gouvernement Legault a lancé mercredi le recrutement des tuteurs, mais n’a toujours pas livré aux enseignants un guide des savoirs essentiels.

«Il faut que chacun des enseignants sache qu’est-ce qui doit être enseigné d’ici la fin de l’année», insiste en entrevue la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), Josée Scalabrini.

«Il faut sécuriser tous les niveaux», a-t-elle ajouté, disant voir beaucoup de «souffrance» dans le réseau.

Le 8 janvier dernier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a promis de livrer aux profs un «guide clair résumant les savoirs essentiels incontournables à enseigner» d’ici la fin du mois.

À quatre jours de cette échéance, les intervenants du réseau affirment être toujours dans l’expectative.

La FSE dit avoir recommandé au ministre de ne pas éliminer de matières, mais plutôt d’aller puiser au sein de chaque matière afin d’en ressortir des apprentissages prioritaires.

«Il faut vraiment s’arranger pour qu’on priorise ce qui doit être vu, et que tout le monde en ait la même compréhension», soutient Mme Scalabrini.

Mais l’exercice est complexe, ajoute la vice-présidente à la vie professionnelle de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Nathalie Morel, qui s’attend à des délais.

«D’avoir dit au début janvier: « Je vais le livrer pour la fin-janvier », c’est très périlleux», a-t-elle déclaré. 

«Peut-être qu’il y a des grandes lignes qui pourraient être livrées qui pourraient aider, mais c’est sûr que (…) c’est plus un travail, selon moi, qui prend quelques mois.»

Tuteurs recherchés

Mercredi, Québec a dévoilé sa plateforme visant à recruter des tuteurs pour aider les élèves vulnérables affectés par la pandémie.

Les étudiants collégiaux et universitaires ainsi que le personnel retraité de l’éducation pourront s’inscrire par le biais de la plateforme «Répondez présent». 

Le personnel actuellement en poste et les suppléants devront de leur côté soumettre leur candidature directement à leur centre de services scolaire ou à leur établissement d’enseignement privé.

La mesure est bonne, mais elle arrive très tard, déplore la présidente de la FSE. «Est-ce qu’on arrive à temps? Non. On aurait dû arriver avant ça avec cette mesure-là.»

«On est quand même rendus à la mi-année, renchérit Mme Morel. On connaissait les besoins déjà à la rentrée scolaire. On aurait souhaité que ça se fasse plus tôt, donc que ça aille plus rapidement.» 

Par ailleurs, M. Roberge a annoncé la conclusion de partenariats avec Alloprof et Tel-Jeunes, un investissement de près de 12 millions $.

L’organisme Alloprof recevra ainsi plus de 7,3 millions $ sur deux ans dans le but de mettre sur pied de nouveaux services de soutien pédagogique pour les élèves qui ont des difficultés d’apprentissage.

Tel-Jeunes aura droit à une somme de plus de 4,5 millions $ sur deux ans pour offrir un soutien aux jeunes, notamment avec l’ajout de 200 heures d’intervention par semaine pendant les périodes de pointe.

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