Élise Gravel dessine pour toutes sortes de causes

MONTRÉAL — Comme résolution pour l’année 2021, Élise Gravel a formulé le souhait de moins travailler, mais ça ne risque pas d’arriver. 

Non seulement l’autrice et illustratrice bien appréciée des enfants compte plusieurs livres en chantier, dont un dans lequel figurera un personnage inspiré par Donald Trump, mais elle passe aussi beaucoup de temps, entre ses nombreux engagements professionnels, à dessiner pour aider les plus vulnérables. 

Un peu avant Noël, Élise Gravel a mis en vente des dessins de personnages de ses livres pour amasser des milliers de dollars qu’elle a remis à Centraide du Grand Montréal pour aider les gens en difficulté. 

L’écrivaine montréalaise amorce l’année 2021 comme elle a terminé 2020 : en utilisant son art pour donner un coup de main aux autres. 

Le 21 janvier, elle a invité les personnes qui la suivent sur les réseaux sociaux à faire un don à la Mission Old Brewery en échange de dessins personnalisés, parce qu’elle était «horrifiée par la façon dont les personnes itinérantes étaient traitées » pendant le confinement. 

Mais la générosité de ses admirateurs et admiratrices l’a prise de court. Peu de temps après avoir sollicité les dons, Élise Gravel a publié une image de sa «main en compote » dans un sceau de glace en expliquant qu’ elle était submergée par les demandes. 

Quelques jours après avoir lancé cet appel à la solidarité, elle a raconté à La Presse Canadienne qu’elle en avait «pour deux à trois semaines, à temps partiel, à dessiner des petits monstres personnalisés». 

Cette initiative a permis d’amasser près de 15 000$ pour les sans-abris. Il y a plusieurs mois, elle avait également utilisé son art pour collecter des dons pour les réfugiés. 

«Ce que je fais de mieux, c’est des dessins, et de penser que je peux ramasser des sous pour les autres avec ça, c’est absolument formidable», a candidement reconnu Élise Gravel. 

Dessiner des patates à vélo, des insectes avec de drôles de pattes et des petits monstres dans le but d’amasser de l’argent pour les moins nantis ou pour sensibiliser les jeunes à différentes injustices sociales semble être devenu une habitude pour l’autrice. 

Régulièrement, elle offre des affiches libres de droits aux parents et aux professeurs, sur les réseaux sociaux. 

Sous forme de simples dessins ou de bandes dessinées éducatives, ces publications destinées à être téléchargées et imprimées traitent de l’ouverture à la différence, du consentement, du racisme ou encore des changements climatiques. 

Sans tambour ni trompette, l’autrice s’est vue remettre le prix Droits et Libertés de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse en 2019 pour ses illustrations qui, selon le jury, «permettent de déconstruire des préjugés avant même qu’ils ne s’installent chez les enfants». 

Des affiches qui, avait rappelé le jury à l’époque, « se partagent de manière virale et tapissent les murs d’écoles au Québec». 

Un petit chien fou dans la tête 

Dans son plus récent album illustré, intitulé «Ollie», l’autrice de 44 ans aide les enfants à identifier et à calmer leur anxiété. «Ollie», c’est le nom donné à un «chien fou» qui représente l’anxiété. Ce petit chien trop excité peut être calmé par une laisse magique. Elle a eu l’idée d’écrire ce livre quand sa fille était petite et faisait de l’anxiété. 

Ollie représente aussi l’anxiété de l’autrice, qui est atteinte du trouble déficitaire de l’attention et qui fait régulièrement de l’insomnie. Mais Élise Gravel réussit à voir l’anxiété comme «quelque chose qui peut être positif», qui l’aide à «réfléchir en dehors de la boîte».

«Si j’étais trop zen, je ne sentirais pas le besoin d’essayer de changer le monde, c’est quand je n’arrive pas à fermer l’œil que viennent les meilleures blagues et les idées de livres». 

Les idées de livres ne semblent pas manquer. L’autrice engagée songe à «écrire un livre sur comment faire un livre», termine l’écriture d’un autre sur les stéréotypes reliés aux genres et vient de signer un contrat pour publier une bande dessinée sur la désinformation et les fausses nouvelles. 

«Ça, c’est le livre que j’ai vraiment hâte de faire parce que ça presse!», a indiqué celle qui veut aider les enfants à faire la différence entre les fausses nouvelles et l’information journalistique. 

«Avec QAnon, les théories du complot, Donald Trump et les mensonges et tous ces gens qui ont du mal à différencier ce qui est vrai de ce qui est faux, la peur de la science, c’est très, très, très dangereux pour nos sociétés», a-t-elle précisé. 

Dans cette bande dessinée, qui sera publiée en anglais aux États-Unis avant d’arriver sur le marché québécois, elle utilisera comme d’habitude l’humour absurde pour dénoncer, mais aussi pour expliquer la désinformation. 

L’un des personnages de la BD sera un politicien «qui utilise des mensonges ridicules pour attaquer ses adversaires». Élise Gravel n’a pas encore trouvé le nom de ce personnage, mais elle ne se cache pas pour dire qu’il sera l’alter ego du 45e président des États-Unis. 

Élise Gravel a l’intention de s’inspirer des frasques de Donald Trump pour son prochain livre. 

Pourtant, parmi ses résolutions pour 2021, en plus d’essayer de moins travailler, elle s’était promis de moins lire sur la politique américaine. Cette autre résolution risque, elle aussi, de tomber à l’eau. 

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