Elizabeth May réclame une enquête sur une certaine culture d’impunité à la GRC

OTTAWA — Elizabeth May réclame une enquête approfondie sur la GRC, notamment sur une certaine culture d’impunité qui régnerait, selon elle, au sein de la police fédérale.

La leader parlementaire du Parti vert a énuméré mercredi une liste de questionnements sur la conduite de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) — des confrontations meurtrières avec des Autochtones en passant par les lents changements apportés au sein de ce corps policier à la suite de recommandations formelles.

Mme May a surtout soutenu en conférence de presse que la GRC agissait comme si elle était au-dessus des lois, d’une manière générale, au-delà d’un incident en particulier ou d’un rapport de commission. Et «une ou deux mesures d’ajustement, à la marge, n’y changeront pas grand-chose», a soutenu la cheffe sortante des verts.

Le même jour, lors de son propre point de presse, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a lui aussi réclamé plus de transparence et de responsabilisation de la part de la GRC et d’autres corps policiers au pays. M. Singh a soutenu qu’il fallait en particulier améliorer l’examen des plaintes du public concernant des incidents impliquant des policiers. «Nous avons constaté que partout au Canada, il s’agit d’une préoccupation constante: que les enquêtes ne sont pas menées avec la rigueur et l’indépendance attendues par les citoyens.»

Interrogé sur le fait qu’il faut souvent des années à la police fédérale pour répondre aux recommandations officielles de l’agence civile de surveillance de la GRC, Justin Trudeau a souligné mercredi les lacunes générales dans la réponse aux préoccupations concernant le comportement des policiers. «Nous allons agir beaucoup plus rapidement», a déclaré le premier ministre. «Nous savons que les choses ont été beaucoup trop lentes.»

Ces commentaires font suite à l’appel lancé par la sénatrice Lillian Dyck pour que la commissaire de la GRC, Brenda Lucki, remette sa démission parce qu’elle n’avait pas saisi d’entrée de jeu le concept de racisme systémique. Mme Lucki a récemment évité de reconnaître qu’il y avait un racisme bien ancré au sein de la GRC, avant de l’admettre quelques jours plus tard.

Mais Mme May a laissé entendre mercredi que les problèmes de la GRC ne pouvaient être résolus par un simple changement au sommet. «Je ne veux pointer du doigt personne, car je pense que c’est culturel», a-t-elle dit. Elle a toutefois estimé que la commissaire Lucki pourrait poser dès maintenant des gestes concrets en s’inspirant de rapports — qui s’empoussièrent — sur les relations entre Autochtones et policiers.