Elon Musk dit retirer son offre de 44 milliards $ pour l’achat de Twitter

MONTRÉAL — L’offre tumultueuse d’Elon Musk de 44 milliards $ pour acheter Twitter est sur le point de s’effondrer — après que le PDG de Tesla a envoyé une lettre au conseil d’administration de Twitter disant qu’il mettait fin à l’acquisition.

Le président du conseil d’administration de Twitter, Bret Taylor, a tweeté vendredi que le conseil d’administration «s’est engagé à conclure la transaction au prix et aux conditions convenus avec M. Musk et prévoit de le poursuivre en justice pour faire respecter l’accord. Nous sommes convaincus que nous prévaudrons devant la Delaware Court of Chancery.»

Twitter aurait pu exiger des frais de rupture d’un milliard de $ que Elon Musk a accepté de payer dans ces circonstances. Au lieu de cela, il semble prêt à se battre en justice pour l’accord, que le conseil d’administration de la société a approuvé et dont le PDG Parag Agrawal a affirmé vouloir conclure.

L’éventuel dénouement de l’accord n’est que le dernier rebondissement d’une saga entre l’homme le plus riche du monde et l’une des plateformes de médias sociaux les plus influentes. Une grande partie de la saga s’est déroulée sur Twitter, avec Elon Musk – qui compte plus de 95 millions d’abonnés – déplorant que l’entreprise ne soit pas à la hauteur de son potentiel en tant que plateforme pour la liberté d’expression.

Vendredi, les actions de Twitter ont chuté de 5 % à 36,81 $, bien en deçà des 54,20 $ que M. Musk avait proposé de payer. Les actions de Tesla, quant à elles, ont grimpé de 2,5 % à 752,29 $.

L’avocat d’Elon Musk, Mike Ringler, a écrit dans une lettre à Twitter datée de vendredi que pendant près de deux mois, M. Musk a recherché des données pour juger de la prédominance des comptes «faux ou spam (pourriel)» sur la plateforme de médias sociaux.

«Twitter a omis ou refusé de fournir ces informations. Parfois, Twitter a ignoré les demandes de M. Musk, parfois il les a rejetées pour des raisons qui semblent injustifiées, et parfois il a prétendu s’y conformer tout en donnant à M. Musk des informations incomplètes ou inutilisables», indique la lettre. Il a également déclaré que les informations sont fondamentales pour les performances commerciales et financières de Twitter, et qu’elles sont nécessaires pour conclure l’accord. 

«Depuis le début, cela a toujours été un casse-tête pour M. Musk de s’attaquer à Twitter à un prix de 44 milliards de $ et cela n’a jamais eu beaucoup de sens pour la Bourse, maintenant cela se termine (pour l’instant) dans une zone nébuleuse avec le conseil d’administration de Twitter qui se retrouve contre le mur et beaucoup de gens de la Bourse qui se grattent la tête sur ce qui va suivre», a écrit l’analyste de société d’investissement Wedbush, Daniel Ives, dans une note aux investisseurs après la publication de la lettre.

Calculer les faux comptes 

Jeudi, Twitter a cherché à faire la lumière sur la façon dont il comptabilise les faux comptes lors d’une réunion avec des journalistes et des dirigeants d’entreprise. Twitter a déclaré qu’il supprimait 1 million de faux comptes chaque jour. Ces comptes représentent moins de 5 % des d’utilisateurs actifs chaque trimestre. 

Pour calculer combien de comptes sont frauduleux et malveillants, Twitter a expliqué qu’il examinait «des milliers de comptes» échantillonnés au hasard, en utilisant à la fois des données publiques et privées telles que les adresses IP, les numéros de téléphone, la géolocalisation et le comportement du compte lorsqu’il est actif, pour déterminer si un compte est réel.

Selon plusieurs rapports de l’époque, le mois dernier, Twitter a offert à Elon Musk l’accès à son référentiel (firehose) de données brutes sur des centaines de millions de tweets quotidiens, bien que ni la société ni M. Musk ne l’aient confirmé. Les données privées, qui ne sont pas disponibles publiquement et donc pas dans le référentiel de données qui a été donné à Elon Musk, incluent les adresses IP, les numéros de téléphone et la localisation. Twitter a affirmé que ces données privées aident à éviter d’identifier à tort des comptes réels comme étant faux.

M. Ringler a également allégué que Twitter avait rompu l’accord en congédiant son chef de produit et directeur général des consommateurs, et en annonçant le licenciement d’un tiers de son équipe d’acquisition de talents. 

L’accord de vente, a-t-il écrit, exigeait que Twitter «demande et obtienne le consentement» s’il s’écartait de la conduite normale des affaires. Twitter était tenu de «préserver substantiellement intacts les composants matériels de son organisation commerciale actuelle», indique la lettre.

Elon Musk a commencé à vouloir d’acheter Twitter à la fin mars. C’est à ce moment-là que Twitter a déclaré avoir contacté les membres de son conseil d’administration – y compris le co-fondateur Jack Dorsey – et leur a dit qu’il achetait des actions de la société et qu’il souhaitait rejoindre le conseil d’administration, privatiser Twitter ou lancer un concurrent. Puis, le 4 avril, il a révélé dans un document officiel qu’il était devenu le principal actionnaire de la société après avoir acquis une participation de 9 % de la valeur d’environ 3 milliards de $.

Au début, Twitter a offert à M. Musk un siège à son conseil d’administration, mais six jours plus tard, M. Agrawal a tweeté qu’Elon Musk ne rejoindrait finalement pas le conseil d’administration. Son offre d’achat de l’entreprise s’est concrétisée rapidement par la suite.

Elon Musk avait accepté d’acheter Twitter pour 54,20 $ par action, insérant une référence de marijuana «420» dans son offre de prix. Il a vendu pour environ 8,5 milliards de $ d’actions de Tesla pour aider à financer l’achat, puis a renforcé ses engagements de plus de 7 milliards de $ auprès d’un groupe diversifié d’investisseurs, dont des poids lourds de la Silicon Valley comme le cofondateur d’Oracle, Larry Ellison.

À l’interne chez Twitter, l’offre d’Elon Musk a été accueillie avec confusion et une baisse du moral, en particulier après que M. Musk ait publiquement critiqué l’un des meilleurs avocats de Twitter impliqué dans des décisions de modération de contenu.

Alors que les dirigeants de Twitter se préparaient à la conclusion de l’accord, la société a gelé des embauches, interrompu les dépenses discrétionnaires et licencié deux cadres supérieurs. La société de San Francisco a également congédié du personnel, plus récemment une partie de son équipe d’acquisition de talents.

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