Elon Musk partage un lien vers une théorie du complot sur Twitter

WASHINGTON — Elon Musk a partagé dimanche sur Twitter un lien qui menait vers une rumeur infondée concernant l’attaque perpétrée contre le mari de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, quelques jours seulement après qu’il a pris possession du réseau social.

L’achat par Musk du réseau social avait d’ailleurs alimenté les craintes que la plate-forme ne cherche plus à limiter la désinformation et les discours de haine, au nom de la liberté d’expression.

Le tweet de Musk, qu’il a ensuite supprimé, était accompagné d’un lien menant vers un site de nouvelles à la réputation douteuse, le Santa Monica Observer. Ce média avait déjà affirmé qu’Hillary Clinton était décédée le 11-Septembre et qu’elle avait été remplacée par un sosie.

L’article en question dimanche a repris sans fondement une affirmation selon laquelle la vie personnelle de Paul Pelosi, le mari de la présidente de la Chambre des représentants, a joué un rôle dans l’attaque, même s’il n’y a aucune preuve à l’appui de cette théorie.

Musk a publié ce lien en réponse à un tweet d’Hillary Clinton. Dans son message, l’ex-candidate à la présidence critiquait les républicains pour avoir diffusé «des théories de la haine et du complot dérangées». Elle avait ajouté qu’il est «choquant, mais pas surprenant, que la violence en soit le résultat».

En réponse au tweet de la démocrate, Musk a fourni le lien vers l’article du Santa Monica Observer et a ajouté: «Il y a une petite possibilité qu’il y ait plus dans cette histoire qu’il n’y paraît.»

Le Los Angeles Times, le quotidien principal de la région du sud de la Californie, où se trouve l’Observer, a déclaré que ce site était «connu pour ses fausses nouvelles».

Entrée par effraction

Le suspect de l’attaque qui a eu lieu la semaine dernière a été identifié comme étant David DePape, âgé de 42 ans. Il s’est introduit par effraction dans la maison de la famille Pelosi à Pacific Heights, tôt vendredi, et a confronté Paul Pelosi, exigeant de savoir, comme l’a rapporté l’Associated Press, «Où est Nancy?»

Les deux hommes se sont battus pour récupérer un marteau avant que les agents répondant à un appel au 911 ne voient DePape frapper Paul Pelosi au moins une fois, a indiqué la police.

DePape a été arrêté et il est soupçonné de tentative de meurtre, de maltraitance de personnes âgées et de cambriolage. Les procureurs prévoient déposer des accusations lundi.

La police affirme que l’attaque était «intentionnelle» et non aléatoire, mais n’a pas indiqué publiquement ce qu’elle considère être le motif.

Les règles ne changent pas

La veille de l’échange entre Musk et Clinton, le responsable de la sécurité et de l’intégrité de Twitter, Yoel Roth, avait rappelé que les politiques de l’entreprise concernant les «insultes» et les «propos haineux» étaient toujours en place.

Musk lui-même a annoncé vendredi qu’il formera un «conseil de modération de contenu» pour Twitter et a promis aux annonceurs que le site ne se transformerait pas en un «enfer gratuit pour tous». Musk s’est également déjà décrit comme un «absolutiste de la liberté d’expression».

Mais au moins un annonceur majeur, General Motors, a indiqué qu’il suspendrait sa publicité sur Twitter, au moins le temps de voir qu’elle direction prendra le réseau social sous la gouverne de Musk.

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