Embargo sur du canola canadien: Carr attend toujours des preuves de Pékin

OTTAWA — Le Canada n’a toujours pas pu prendre connaissance des prétendues preuves invoquées par la Chine pour bloquer les livraisons de canola de l’un des plus importants producteurs de céréales du Canada, a affirmé mercredi le ministre du Commerce international, Jim Carr, lors d’un entretien.

Un porte-parole du gouvernement chinois a déclaré que la décision prise ce mois-ci par Pékin de suspendre les importations de canola de Richardson, une entreprise établie à Winnipeg, est intervenue après la découverte d’«organismes dangereux» dans les produits de l’entreprise.

M. Carr a affirmé que le Canada s’efforçait de résoudre ce problème important sur le plan économique, tout en ajoutant que la Chine se devait de fournir des preuves à l’appui.

«Nous continuons à demander aux autorités chinoises toute preuve ayant un fondement scientifique que ce canola pose des problèmes — et jusqu’à présent, nous n’avons rien eu de tel», a-t-il déclaré en entrevue téléphonique depuis Saskatoon, où il discutait avec des chefs d’entreprise de la nécessité de tirer le meilleur parti des possibilités créées par les principaux accords commerciaux conclus par le Canada.

«C’est une préoccupation, car nous sommes un important exportateur de canola dans le monde et nous produisons le meilleur canola au monde. Nous voulons aller au fond des choses et nous voulons le faire rapidement», a affirmé le ministre.

La semaine dernière, la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a publié un communiqué demandant au premier ministre Justin Trudeau de se battre pour les producteurs de canola et tous les emplois connexes.

«Nous appelons Ottawa à cesser son nombrilisme au sujet de ses controverses internes et à riposter», a-t-elle déclaré.

Mme Notley a ajouté que le problème pourrait coûter aux agriculteurs de l’Alberta des centaines de millions de dollars et entraîner la perte de 3000 emplois.

La décision de la Chine survient au coeur d’un conflit diplomatique qui a éclaté après l’arrestation en décembre dernier à Vancouver de la directrice financière de la société chinoise Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis.

Selon les plus récents chiffres publiés par le Conseil canadien du canola, le Canada a exporté vers la Chine en 2017 pour environ 3,6 milliards $ de graines, d’huile et de farine de canola. Maintenant que la Chine a bloqué les exportations de Richardson, la question est de savoir ce qui arrivera aux autres entreprises.

Il est ainsi possible que d’autres voient leur permis révoqué. Mais contrairement à Richardson, de Winnipeg, les autres joueurs au Canada ont tendance à faire partie de grandes organisations multinationales. Viterra, de Regina, par exemple, fait partie de Glencore International, établie en Suisse.

Les plus populaires