En Chambre: François Legault traite le solidaire Gabriel Nadeau-Dubois de «woke»

QUÉBEC — Le chef parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, est un «woke» aux yeux du premier ministre François Legault.

Le ton employé en Chambre par le premier ministre pour qualifier le nouveau chef parlementaire du deuxième groupe d’opposition, mercredi, durant la période de questions, ne laissait planer aucun doute sur la nature péjorative de l’épithète choisie. Ce n’était certainement pas un compliment.

M. Legault avait été piqué au vif par le préambule de la question posée par M. Nadeau-Dubois, qui l’avait comparé à l’ex-premier ministre Maurice Duplessis. La réplique a été cinglante.

«Le chef de Québec solidaire nous parle de Maurice Duplessis. Il avait beaucoup de défauts, mais il défendait sa nation. Il n’était pas un «woke» comme le chef de Québec solidaire», a commenté M. Legault.

Le courant «woke» désigne en général les gens affichant une grande vigilance pour débusquer les injustices sociales et surtout toutes les formes de racisme.

M. Nadeau-Dubois tentait de faire valoir que selon lui le premier ministre s’était dernièrement autoproclamé «père de la nation québécoise», en intervenant dans la campagne électorale fédérale pour défendre avec force les valeurs québécoises, le respect des champs de compétence, la loi 21 sur la laïcité de l’État et le projet de loi 96 sur la révision du statut de la langue française au Québec. Il a rappelé au premier ministre qu’il n’avait pas reçu de la population «le mandat de décréter à lui seul quelles sont les valeurs québécoises».

En agissant de la sorte, M. Legault «a succombé à l’un de ses pires défauts. Il s’est mis à faire sa meilleure imitation de Maurice Duplessis», selon le député solidaire, ajoutant qu’«on est des millions au Québec à ne pas se reconnaître en lui, à ne pas se reconnaître en son gouvernement, on est des millions à être tannés qu’il se présente comme notre sauveur, puis notre rédempteur».

Quand le premier ministre l’a traité de «woke», le député solidaire n’a pas voulu relever le gant, affirmant que si «le premier ministre veut faire descendre le niveau du débat dans les égouts, il peut le faire, je ne le suivrai pas». 

Il a souligné que les détracteurs de la loi 21 étaient tout aussi Québécois que ceux qui l’appuient. «Le premier ministre n’a pas le droit de les expulser symboliquement de la nation québécoise parce qu’ils sont en désaccord avec lui. Il est premier ministre, pas monarque.» 

Le débat houleux entre les deux élus a vite dérapé sur les relations Québec-Ottawa. Se posant en souverainiste, Gabriel Nadeau-Dubois a ajouté que les chicanes autour des compétences fédérales ou provinciales ne l’intéressaient «pas tant que ça».

Le premier ministre a pris la balle au bond pour conclure que ce que «Québec solidaire nous dit, c’est que d’ici le prochain référendum, venez envahir nos champs de compétence, on aime ça».

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.