En créant une nouvelle agence santé, M. Dubé se déresponsabilise, selon les libéraux

LAC-BEAUPORT, Qc — La création d’une nouvelle structure en santé permettra au ministre Christian Dubé de se déresponsabiliser.

C’est du moins ce que craignent les députés libéraux, qui sont réunis cette semaine en caucus présessionnel à Lac-Beauport, au nord de Québec.  

Ils accueillent mal l’idée d’un projet de loi créant Santé Québec, une entité séparée du ministère qui serait responsable de coordonner les activités du réseau.

M. Dubé a soutenu en entrevue au journal «Le Devoir» qu’une telle agence permettra d’éviter des drames comme celui qu’a vécu Andrée Simard. La veuve de l’ex-premier ministre Robert Bourassa a été privée de soins palliatifs pendant trois jours avant sa mort.

Selon le porte-parole libéral en santé, André Fortin, il est «incroyablement cynique» de prétendre que ce genre de situation ne se produirait plus s’il y avait «un PDG d’agence».

Il accuse de surcroît le ministre d’«utiliser» la mort de Mme Simard à des fins politiques, pour mousser sa proposition d’agence.

«C’est prendre le monde pour des valises. (…) C’est une solution de fonctionnaire qui décharge le ministre de ses responsabilités», a-t-il dénoncé en mêlée de presse, mercredi.

«Je ne peux pas croire que la solution en santé en ce moment, c’est de mettre une boîte de plus dans l’organigramme du ministère de la Santé. La solution, c’est de recruter plus de monde», a-t-il ajouté.

La veille, le chef intérimaire du Parti libéral, Marc Tanguay, avait qualifié le gouvernement Legault de «gouvernement d’échecs», notamment en santé.

Il a rappelé que le temps d’attente moyen sur civière au Québec est de 19 heures.

«Je pense ce matin à la personne (…) qui est assise sur une civière qui doit se dire: « Heille, c’est super, quelle bonne nouvelle, il va y avoir une structure additionnelle »», a ironisé M. Tanguay à son arrivée au caucus, mercredi.

Autre mirage de la CAQ

Du côté du Parti québécois (PQ), on décode que le ministre essaie de «changer le sujet».

«On perd du temps, on perd des employés, puis le système se dégrade», s’est désolé le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, en marge du caucus de son parti qui se tient à l’Assemblée nationale.

Ce «dédoublement de structures» qui vise à «donner espoir (…) que les choses vont mieux aller», est «un autre mirage de la CAQ», renchérit le porte-parole du PQ en santé, Joël Arseneau. 

«Le problème, il n’est pas dans les structures, il est dans les ressources qu’on ne met pas en place sur le terrain», a-t-il pesté.

Le statu quo n’est pas une option, réplique Dubé

Dans une déclaration écrite envoyée à La Presse Canadienne mercredi, M. Dubé plaide que «le statu quo n’est plus une option» et que le réseau doit devenir «plus performant et plus humain». 

«Avec Santé Québec, on va faire évoluer la structure actuelle en répétant le succès de la vaccination à plus grande échelle», a-t-il déclaré.

Le ministre fait valoir que la création d’une agence est une recommandation «très claire qui a été apportée par plusieurs rapports», dont celui de la commissaire à la Santé et au bien-être.

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