En l’absence d’un consensus, les membres syndiqués de l’ITHQ entreront en grève lundi

MONTRÉAL — Les 140 membres du Syndicat des enseignantes et des enseignants de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec-CSN (SEEITHQ-CSN) entreront en grève dès lundi, citant «l’absence d’avancées suffisantes» à la table de négociation.

Dans un communiqué diffusé dimanche, le syndicat a indiqué qu’il organiserait un piquet de grève devant l’Institut lundi à midi. La grève devrait se poursuivre jusqu’à mercredi et donc les étudiants auront un congé de cours pendant cette période, a fait savoir Éric Guay, président du SEEITHQ-CSN.

En novembre dernier, les membres syndiqués avaient voté à 97 % pour un mandat de grève d’une durée de huit jours, après des négociations qui s’étiraient depuis mars 2021. Sur le site web de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le syndicat affirmait avoir tenu quatre séances de conciliation et trente-deux séances de négociation en moins de deux ans.

M. Guay a indiqué que des rencontres sont prévues mardi et mercredi entre le syndicat et l’employeur afin de poursuivre les négociations.

«Dans l’éventualité où les offres patronales ne rencontrent pas nos demandes, naturellement dans un avenir assez rapproché, on va utiliser nos autres journées de grève», a-t-il assuré.

Sans convention collective depuis mars 2020, les travailleurs revendiquent des salaires adaptés à leur charge de travail grandissante.

«Les professeurs de l’ITHQ sont impatients d’avoir une nouvelle convention collective (…) ça va bientôt faire trois ans. On comprend leur impatience», a défendu le président du syndicat.

Les enseignants déplorent également un délai de 10 ans en moyenne pour obtenir une permanence. Éric Guay qui est aussi professeur de philosophie à l’ITHQ a dit qu’il a attendu 14 ans avant d’avoir sa permanence et que certains ont même patienté pendant 17 ou 18 ans.

«On trouve cela totalement inconcevable de poursuivre dans cette voie», critique-t-il.

Le syndicat souhaite une reconnaissance et une utilisation de l’ancienneté comme dans les autres écoles.

Parmi les autres éléments à améliorer, M. Guay note la charge de travail.

«Lorsqu’on compare ce qui se passe à l’ITHQ au niveau des conditions de travail dans le domaine de l’enseignement à ce qu’il y a ailleurs dans le reste du réseau, on se retrouve avec des tâches d’enseignement qui sont supérieures, donc surchargées par rapport au reste du réseau», soutient Éric Guay.

Il estime que les nouveaux professeurs quittent l’ITHQ lorsqu’ils constatent «la piètre condition de travail qu’on y offre».

De plus, depuis les dernières années, les professeurs d’expérience quittent ou prennent leur retraite prématurément en raison de la surcharge de travail, selon le président du SEEITHQ-CSN. Il ajoute que dans le contexte de la pénurie de personnel, l’établissement peine à recruter une relève enseignante.

Sortie de la fonction publique

En 2019, l’ITHQ est devenue un organisme du gouvernement hors fonction publique. SEEITHQ-CSN souhaite ainsi que la convention collective s’inspire de celle du corps enseignant de la province, et non de celle des fonctionnaires de l’État.

«La négociation d’une première convention collective hors fonction publique est selon nous pour l’ITHQ, mais autant pour le syndicat, une occasion rêvée de travailler à donner une véritable convention de travail de professeur à nos membres afin d’assurer la pérennité de la qualité de l’enseignement», a fait valoir M. Guay.

Le syndicat est confiant d’arriver à une entente avec l’employeur. «La semaine dernière, il y a eu quand même des avancées intéressantes, mais qui étaient de loin insuffisantes pour lever l’avis de grève», a affirmé M. Guay.

Il a dit que la charge de travail est l’un des éléments qui sont sur la bonne voie avec l’employeur. Mais le syndicat défend toujours que la régulation des postes devrait être appuyée sur des bases objectives.

«Ce que l’employeur propose ce n’est pas quelque chose qui est satisfaisant pour les précaires (employés non permanents) qui enseignent à l’ITHQ», soutient M. Guay. Il affirme qu’il y a plus de travailleurs sans permanence présentement à l’ITHQ.

«On ne reconnaît pas la permanence dans l’attribution des professeurs et ça fait en sorte que les nouveaux ‘profs’ de l’ITHQ ne savent pas ce qu’ils doivent faire pour obtenir une régularisation de leur poste», a-t-il précisé.

«Il est très clair, pour nous le syndicat, que sans une amélioration significative de nos conditions de travail, l’ITHQ va perdre son expertise professorale et n’arrivera plus à donner une formation de qualité à ses élèves», s’est inquiété le président.

Le syndicat croit que la directrice générale de l’ITHQ, Liza Frulla, pourrait aider à arriver à une entente de principe le plus rapidement possible à la satisfaction des deux parties.

«En ce sens, le syndicat interpelle Liza Frulla, notre directrice générale, afin qu’elle donne un coup de barre pour éviter les écueils qui nous guettent», a déclaré M. Guay.

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