En vue des élections, la production de documentaires atteint des sommets

Les élections américaines ont inspiré les documentaristes, qui ont réalisé des films comme aucune saison auparavant.

HBO

NEW YORK — Des dizaines de films, qui abordent notamment le découpage électoral partisan et le suprémacisme blanc, ont cherché à explorer de nombreux problèmes et tendances auxquels les électeurs sont confrontés en vue des élections de mardi. Dans une élection présidentielle aux enjeux énormes, les cinéastes se sont précipités pour terminer leurs films avant le jour du scrutin pour tenter d’informer, d’influencer et de divertir l’électorat.

Un sentiment d’urgence, en particulier, anime de nombreux films qui ont été diffusés en ligne, à la télévision ou au cinéma dans les semaines précédant le scrutin. L’état lamentable des salles de cinéma en raison de la pandémie n’a pas permis à un film de se démarquer des autres, comme ce fut le cas avec «Fahrenheit 9-11», le documentaire de Michael Moore qui avait connu un grand succès en 2004. Mais avec ce déluge de documentaires, la politique est incontournable sur les services de vidéo en continu.

Voici quelques-uns de ces documentaires portant sur les élections:

«All In: The Fight for Democracy»:Le film de Liz Garbus et Lisa Cortés aborde l’élection contestée pour le poste de gouverneur de la Géorgie en 2018, avec des leçons potentiellement pertinentes sur la suppression d’électeurs pour 2020. Stacey Abrams, la candidate démocrate et productrice du film, raconte l’expérience de sa défaite très mince contre Brian Kemp, un républicain, qui, en tant que secrétaire d’État de la Géorgie, a joué un rôle central dans la supervision des élections. M. Kemp, qui a gagné par 50 000 voix, a mis en attente plus de 53 000 inscriptions électorales, la plupart appartenant à des minorités, avant le vote. (Sur Amazon Prime)

«Agents of Chaos»: Le documentaire de HBO en deux parties réalisé par Alex Gibney revient sur l’élection de Donald Trump en 2016 pour enquêter sur les allégations d’ingérence russe. M. Gibney a du mal à tirer des conclusions définitives sur la prétendue collusion de M. Trump ou sur l’effet que les cyberpirates russes ont eu sur le résultat. Mais il avance un argument selon lequel l’ingérence de la Russie dans la démocratie américaine est indéniable et reste alarmante. Le prolifique réalisateur a également lancé ce mois-ci «Totally Under Control» (sur Hulu), un portrait très critique de la gestion de la pandémie par la Maison Blanche.

«537 Votes»: Comme plusieurs documentaires de l’automne, la conclusion de «537 Votes», de Billy Corben, est claire: votez. Le film sur HBO du cinéaste de «Cocaine Cowboys» revient sur l’épisode de la Floride en 2000 pour faire la chronique des stratégies divergentes employées par les démocrates et les républicains dans l’élection historique entre George W. Bush et Al Gore. Le film produit par Adam McKay décrit le contexte crucial autour de la saga d’Elián González et son impact sur le vote cubano-américain très important en Floride. «537 votes» rappelle à quel point votre vote peut avoir de l’importance et à quel point le dépouillement peut être politisé.

«Kill Chain: The Cyber War on America’s Elections»: Le documentaire de Simon Ardizzone, Russell Michaels et Sarah Teale pourrait vous empêcher de dormir la nuit. Le film de HBO, s’appuyant sur des experts en cybersécurité et des pirates informatiques expérimentés, détaille à quel point la technologie de vote américaine est vulnérable aux cyberattaques. Un pirate informatique a décrit comment il s’est introduit dans le système électoral de l’Alaska en 2016 juste pour voir s’il le pouvait. Un autre, un expert en sécurité électorale nommé Harri Hursti, traque des machines à voter censées être inaccessibles pour jouer avec leurs vulnérabilités. Il trouve un modèle largement utilisé sur eBay, en vente à environ 80 $ chacune.

«Slay the Dragon»: Le film de Barak Goodman et Chris Durrance parle du découpage électoral partisan. «Slay the Dragon», offert sur Hulu, explique précisément les manipulations souvent compliquées des districts. Mais il va plus loin: il décrit comment les cartes électorales redessinées ont affecté des enjeux aussi disparates que la crise de l’eau à Flint, au Michigan et l’élection de Donald Trump. Surtout, le film démontre comment le redécoupage partisan a contribué à alimenter les débats politiques houleux, en supprimant les incitations au compromis.

«The Fight»: L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui a déposé cette année 20 actions en justice sur le vote par correspondance et plus de 400 actions en justice contre l’administration Trump, devrait jouer un rôle dans toute contestation judiciaire des résultats électoraux. «The Fight», accessible sur Hulu, montre l’ACLU dans ses batailles contre l’administration Trump, donnant un regard intime sur les avocats en première ligne dans des affaires telles que les droits LGBTQ, les droits des immigrants et les droits reproductifs. Le film a été créé par Elyse Steinberg, Josh Kriegman et Eli Despress, qui sont aussi à l’origine du documentaire sur l’ancien controversé représentant Anthony Weiner, «Weiner».

«Not Done: Women Remaking America»: Le documentaire de Sara Wolitzky, qui a été présenté en première mardi sur PBS, revient sur les dernières années du mouvement des femmes, à commencer par la Marche des femmes au lendemain de l’inauguration de Donald Trump — qui demeure toujours la plus grande manifestation dans l’histoire américaine. À travers des entretiens avec Gloria Steinem, la fondatrice de #MeToo (#Moiaussi) Tarana Burke, Shonda Rhimes et la co-fondatrice de Time’s Up Tina Tchen, le film passe en revue quatre années mouvementées dans un vaste mouvement de femmes qui a lancé #MeToo et Black Lives Matter, et qui ne manquera pas d’affecter considérablement l’élection.

«Boys State»: Comment les jeunes générations analysent-elles la politique dans laquelle elles ont grandi? Le documentaire extrêmement divertissant de Jesse Moss et Amanda McBaine, lauréat du prix à Sundance, répond à cette question en filmant le camp Boys State, au Texas, où quelque 1100 garçons de 17 et 18 ans se réunissent chaque année pour créer un gouvernement simulé avec deux partis, des plates-formes établies et des campagnes rapides. C’est un microcosme de la politique américaine, où certains adolescents ont adopté les coups bas inspirés de Washington, alors que d’autres, plus idéalistes, croient au changement. (Apple TV+)

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