Énergie éolienne: Hydro-Québec accepte d’endosser le projet Apuiat

QUÉBEC — Le gouvernement Couillard est sorti gagnant de sa partie de bras de fer avec Hydro-Québec, qui accepte finalement d’endosser le projet controversé d’énergie éolienne Apuiat.

Ce projet énergétique, situé sur la Côte-Nord en territoire innu, était qualifié d’«essentiel» par le premier ministre Philippe Couillard, convaincu qu’il devait «absolument» voir le jour, malgré les réserves de la société d’État quant à la pertinence du projet et son coût élevé, évalué à quelque 600 millions $.

Mercredi, dans un communiqué laconique, Hydro-Québec a annoncé que les négociations avec les neuf communautés innues et la compagnie Boralex étaient rendues à leur terme et que le projet irait de l’avant pour l’achat d’électricité produite grâce au projet Apuiat. 

Les conseils d’administration des parties impliquées devront cependant entériner le projet d’entente, après l’échéance électorale du 1er octobre.

Le projet de parc éolien sur la Côte-Nord, dans la région de Port-Cartier, procurerait jusqu’à 400 emplois aux Innus durant la période de construction, avec sa production de 200 mégawatts.

Le président d’Hydro-Québec, Éric Martel, remettait en question la pertinence du projet, tant sur le plan financier qu’énergétique, la société d’État devant déjà composer avec des surplus d’électricité.

Selon le premier ministre Couillard, qui a commenté le dossier à maintes reprises ces dernières semaines, il aurait pourtant été «impensable» de ne pas mener à bien ce projet, dans une perspective de développement du nord du Québec et d’une nécessaire bonne entente à maintenir entre la société québécoise et les Premières Nations.

De son côté, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Moreau, faisait valoir que malgré son coût élevé le projet pouvait se réaliser sans entraîner d’impact sur les tarifs payés par les consommateurs d’électricité de l’ensemble du territoire québécois.

Ce projet est dans l’air depuis des années. En 2015, le gouvernement avait promis aux Innus de leur réserver la production du dernier 200 MW de sa stratégie énergétique. À leurs yeux, il s’agit d’un projet «structurant» pour leur communauté.

Legault: «Attendez 40 jours!»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a pris ses distances une fois de plus du projet, en exhortant le premier ministre Couillard à reporter au lendemain des élections la signature de l’entente finale.

«Attendez 40 jours avant de signer cette entente-là!», a-t-il commenté, en point de presse, mercredi, en marge de l’annonce d’une candidature de son parti.

Selon lui, Hydro-Québec produit déjà des surplus d’électricité et n’a donc pas besoin de ce projet coûteux, «pour acheter quelques votes».

Il n’a pas dit clairement ce qu’il ferait s’il prend le pouvoir le 1er octobre, se contentant d’affirmer qu’il verrait à «minimiser les dégâts».