Enfants maltraités: Régine Laurent demande aux Québécois de garder les yeux ouverts

MONTRÉAL — La présidente de la Commission sur la DPJ, Régine Laurent, a lancé un cri du coeur jeudi aux Québécois: «ouvrez vos yeux et vos oreilles», demande-t-elle, car la crise de la COVID-19 augmente le risque de maltraitance des enfants.

Le risque est réel, a-t-elle dit en entrevue, car les enfants ne vont plus à la garderie ni à l’école depuis que les écoles sont fermées. Leurs éducateurs ne sont donc pas là pour veiller sur eux.

Elle craint que des cas d’abus ne passent sous le radar.

Les mesures prises par le gouvernement du Québec pour contenir la propagation de la COVID-19 sont sans conteste nécessaires, mais elles engendrent des effets collatéraux, dit-elle.

Car le confinement actuel exigé pour éviter la propagation de la COVID-19 est source de stress pour bien des familles — qu’il soit financier car certains perdent leur emploi ou social par la proximité qui exacerbe les tensions. 

«On sait très bien que cette situation-là est très anxiogène pour les familles», dit-elle.

Les difficultés peuvent être encore plus intenses pour les «familles déjà touchées par diverses problématiques personnelles ou sociales», dit Mme Laurent.

«Il faut se mettre en mode vigilance», insiste celle qui est en charge de la commission spéciale mise en place dans la foulée du décès tragique d’une fillette de Granby l’an dernier.

Évidemment, les Québécois, confinés, sont moins en contact avec leurs voisins et leur entourage. Mme Laurent leur demande d’être attentifs, par exemple, aux cris et bruits inhabituels dans les blocs à appartements.

Elle dit «lever son chapeau» aux intervenantes qui travaillent dans des conditions difficiles. Elle rapporte qu’elles s’inquiètent du sort des petits qui n’ont plus leur filet de sécurité habituel. Certaines lui ont dit qu’elles aimeraient que les effectifs soient accrus sur le terrain, pour compenser pour les yeux des éducateurs qui ne sont pas là actuellement.

On ne lui a toutefois pas signalé de cas de travailleuses sociales qui se seraient fait interdire d’entrer chez des familles inquiètes de la propagation, a-t-elle déclaré.

Quant au nombre de signalements faits auprès de la DPJ, elle estime qu’il est trop tôt pour affirmer s’il y a réellement eu une baisse ou non. Mais elle rappelle que ce sont les enseignants et d’autres membres du personnel scolaire ou de garderies qui font habituellement le plus de signalements.

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