Enquête du CIRANO au Québec: ouverture à la vaccination, mais détresse psychologique

MONTRÉAL — Une enquête effectuée il y a quelques semaines auprès de plus de 1500 Québécois montre qu’ils avaient une attitude généralement positive face à la vaccination contre la COVID-19, mais que certaines clientèles étaient en proie à une détresse psychologique importante.  

L’enquête que le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) a publié il y a quelques jours précise que 35 % des répondants ont déclaré vouloir se faire vacciner avec certitude et que parmi les 59 % des personnes incertaines, la probabilité moyenne de se faire vacciner s’élevait à 65 %. L’origine de cette hésitation était liée au risque perçu plus élevé de développer des effets secondaires suite à la vaccination.  

Les personnes âgées de moins de 44 ans et les travailleurs en présence physique étaient moins enclins à se faire vacciner contre la COVID-19 et plus enclins à renoncer à la seconde dose du vaccin en cas d’effets secondaires légers. Les personnes avec des facteurs de risques ou plus âgées avaient plus tendance à recevoir le vaccin y compris la deuxième dose, même en cas d’effets secondaires.   

La recherche a aussi démontré que les personnes avec un niveau d’éducation plus élevé étaient plus enclines à recevoir les deux doses du vaccin contre la COVID-19, même en cas d’effets secondaires légers.   

Les résidents de la région de Montréal étaient plus ouverts à recevoir le vaccin et associaient une probabilité plus faible de développer des effets secondaires que les résidents du reste de la province.   

En parallèle, à la fin de 2020, environ une personne sur cinq se trouvait dans un état de détresse psychologique jugé important, selon l’enquête. Les niveaux de détresse significatifs étaient plus présents chez les jeunes et les répondants à faibles revenus, mais aussi chez les les femmes, les fumeurs, les personnes avec incapacités physiques ainsi que chez celles vivant dans les grandes villes.   

En examinant les résultats de leur enquête, les chercheurs ont observé que tant pour la réticence à se faire vacciner contre la COVID-19 que pour la détresse psychologique, les jeunes et les répondants à faibles revenus se sont démarqués dans leurs réponses. À leur avis, il sera important de cibler particulièrement ces deux groupes dans les messages de sensibilisation et dans les actions de prévention et de soutien.   

Les chercheurs associés à cette étude sont trois professeurs: Charles Bellemare et Sabine Kröger, tous deux du département d’économique de l’Université Laval, et Nathalie De Marcellis-Warin de Polytechnique Montréal.   

Parmi les 1523 répondants interrogés de décembre au début de janvier, 40 % provenaient de la région de Montréal, 20 % de la région de Québec et 40 % du reste du Québec.

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