Enquête du RCLALQ au Québec: forte hausse des loyers comparativement à 2020

MONTRÉAL — Un groupe de défense des locataires affirme que les prix des logements à louer ont bondi depuis l’an dernier dans l’ensemble des régions du Québec, ce qui l’incite à interpeller le gouvernement québécois pour qu’il instaure de véritables mesures pour garantir l’accès à un logement abordable.  

Le Regroupement des comités logements et associations de locataires du Québec (RCLALQ) a réalisé pour une deuxième fois une enquête sur le prix des logements à louer à partir de plus de 57 000 annonces de logements à louer sur le site Kijiji entre janvier et mai derniers.  

L’enquête révèle que pour un logement de deux chambres à coucher, l’augmentation du loyer réclamée est de 16 % en un an dans les régions de Sherbrooke et Trois-Rivières, 11 % dans celle de Montréal, 10 % dans la région de Saguenay et 7 % à Québec.   

Des hausses ont aussi été observées dans des villes québécoises de moins grande taille: par exemple, de 22 % à Granby, de 16 % à Saint-Hyacinthe et Victoriaville, de 12,5 % à Salaberry-de-Valleyfield, de 11 % à Drummondville, de 10 % à Joliette et de 5 % à Rimouski.   

L’enquête du RCLALQ a aussi constaté d’importants écarts de loyers entre les offres sur Kijiji et les données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Par exemple, dans la région de Montréal, le loyer moyen d’un quatre et demi à louer sur Kijiji est de 1349 $, soit 49 % de plus que celui de 903 $ illustré dans l’enquête de la SCHL. Le RCLALQ a observé d’importants écarts dans d’autres régions métropolitaines.   

Le porte-parole du RCLALQ, Maxime Roy-Allard, estime que ces augmentations en un an prouvent que l’effritement du parc de logements locatifs abordables se poursuit rapidement. À son avis, le phénomène est plus observable dans les quartiers qui subissent les contrecoups de la gentrification, poussant les locataires de longue date hors de leur milieu de vie afin de laisser place à de nouveaux habitants plus aisés.  

Pour le RCLALQ, le gouvernement du Québec instaurer un contrôle obligatoire des loyers et un registre public des loyers.   

Maxime Roy-Allard explique qu’en vertu du système actuel d’encadrement des loyers, des propriétaires ne respectent pas les taux d’augmentation du Tribunal administratif du logement (TAL) puisque ceux-ci ne sont pas obligatoires tant que les locataires ne contestent pas leur hausse de loyer. Il propose que le gouvernement les rende obligatoires afin de protéger les locataires contre les hausses abusives de loyer.  

Le RCLALQ croit aussi que l’existence d’un registre public des loyers permettrait aux locataires de connaître avec exactitude l’ancien loyer payé. L’organisme reconnaît qu’actuellement, cette information doit être inscrite au bail, mais que les locataires n’ont aucune manière de confirmer sa véracité.

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