Enquête Mâchurer: de nouveaux détails lèvent le voile sur le financement du PLQ

OTTAWA — De nouveaux documents rendus publics jeudi matin, à la suite de la levée d’une ordonnance de non-publication, lèvent le voile sur le financement occulte au Parti libéral du Québec (PLQ) pendant les années Charest.

Marc Bibeau, ancien collecteur de fonds pour le Parti libéral du Québec, s’est battu devant les tribunaux pour éviter de divulguer le contenu de deux mandats de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) qui le visaient en 2016.

La Cour suprême a donné le feu vert à la levée de l’ordonnance de non-publication qui frappait ces documents. Le consortium de médias — formé de La Presse, QMI et The Gazette — a dévoilé les détails dans les minutes qui ont suivi.

«La Presse» rapporte que d’anciens députés, une ex-employée du cabinet du premier ministre et une douzaine d’hommes d’affaires ont fourni des témoignages sur l’influence de M. Bibeau au sein du PLQ et dans l’octroi de contrats publics.

Des dirigeants de firmes de génie ont confirmé à la police que leurs entreprises finançaient le PLQ, avec des stratagèmes de prête-noms ou de versement de bonis. Ils disent avoir vécu de la peur, de l’intimidation et même des menaces de la part de M. Bibeau pour donner de l’argent, toujours selon le compte-rendu de «La Presse».

Des employés et actionnaires de plusieurs firmes pouvaient être remboursés ou récompensés pour leurs dons au PLQ, selon des témoignages faits aux policiers de l’UPAC et rapportés par Québecor. Plusieurs ont confirmé que leurs dons permettaient d’obtenir des informations privilégiées pour faire avancer leurs dossiers.

Certains se sont plaints que M. Bibeau exigeait trop d’argent et augmentait les objectifs de financement.

C’est dans ce contexte que l’UPAC a procédé à des perquisitions en août 2016 dans des entreprises appartenant à M. Bibeau, dans le cadre de l’enquête Mâchurer, qui s’intéresse au financement politique et l’octroi de contrats publics au Québec.

L’enquête Mâchurer, en cours depuis 2014, s’intéresse également à l’ancien premier ministre Jean Charest. M. Charest n’a pas encore confirmé s’il allait, oui ou non, se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.

Aucune accusation n’a été portée contre MM. Bibeau ni Charest jusqu’à présent.

M. Bibeau souhaitait éviter la publication de ces nouveaux documents jusqu’à ce que le Directeur des poursuites criminelles et pénales décide s’il fera ou non l’objet d’accusations, afin de ne pas mettre en péril son droit à un procès équitable.

Les tribunaux inférieurs avaient tous rejeté la demande de M. Bibeau, mais avaient accordé une ordonnance de non-publication au cas où il poursuivrait ses recours judiciaires.

La décision du plus haut tribunal du pays met donc fin à cette saga judiciaire qui dure depuis plus de trois ans.

Dans une déclaration transmise par son avocat, Léon Moubayed, M. Bibeau dit qu’il «prend acte» de la décision de la Cour suprême et qu’il avait déposé cette demande d’autorisation d’appel afin de préserver ses droits et sa réputation.

«M. Bibeau tient à réaffirmer son intégrité et maintient qu’il continuera à faire valoir ses droits. Son engagement politique s’est toujours fait librement, bénévolement, par conviction personnelle et en conformité avec les lois», affirme-t-il.

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

Commentaires
Laisser un commentaire